Solidarité Des producteurs de luzerne mettent leurs parcelles à disposition des abeilles

 

Trois apiculteurs professionnels des Hauts-de-France ont installé leurs ruches dans des champs de luzerne de Champagne Ardenne pour sauver leurs récoltes menacées par les épisodes climatiques de la région.

 

Les abeilles du Nord de la France ont subi de plein fouet les conditions climatiques défavorables de l’année, ce qui a réduit leurs ressources mellifères. L’association des apiculteurs professionnels en pays du Nord Picardie a alors lancé un appel au secours qui a été entendu par Coop de France Déshydratation. Trois apiculteurs ont ainsi pu installer plus de 40 ruches chacun dans des champs de luzerne de Champagne Ardenne pour sauver leur récolte.

 

La luzerne est une plante très mellifère qui a l’avantage de fleurir régulièrement d’avril à octobre, recommençant son cycle après chacune des quatre coupes intervenant dans la saison. Les sites choisis comprennent des parcelles de luzerne en première, deuxième et troisième année d’exploitation ce qui permet aux abeilles de toujours disposer de parcelles en fleurs.

 

TNC

 

 

Luzerne déshydratée

 

L’Arabie saoudite aura besoin d’importer 7 millions de tonnes de fourrage

 

La filière luzerne déshydratée tenait son premier symposium le 8 février à Châlons-en-Champagne. L’élevage de vaches laitières au Moyen-Orient pourrait être une voie d’avenir pour redynamiser la production de cette plante fourragère en France.

 

Avec 450 participants en provenance de neuf pays différents, le 1er symposium luzerne organisé par Coop de France déshydratation à Châlons-en-Champagne le 8 février visait à montrer que la filière est désormais résolument et durablement tournée vers l’avenir. La luzerne déshydratée bénéficie en effet d’une conjonction de facteurs favorables entre une forte demande nationale et internationale, de précieux services écosystémiques à l’heure de l’agroécologie et des outils industriels fonctionnels.

 

Des atouts largement commentés et attestés par les différents intervenants qui se sont succédés à la tribune à commencer par le Dr Abdulelah Alfaraj, professeur d’agronomie à l’saoudien : « L’Arabie saoudite aura besoin à terme d’importer 7 millions de tonnes de fourrage dont 50 % de luzerne ». Une conséquence de la décision du Royaume d’interdire l’irrigation des fourrages à compter de 2019 pour préserver ses eaux souterraines. Un besoin confirmé et précisé par Khalid Al-Aquil, directeur d’un élevage intégré de 75 000 têtes dont 35 000 vaches laitières à 36 l de production moyenne quotidienne : « Nous recherchons de la luzerne de grande qualité car la productivité de nos vaches est directement liée à la qualité nutritionnelle des fourrages ». Les importations actuelles proviennent du Soudan, des États-Unis, de l’Espagne et de l’Italie mais la France pourrait bien profiter à l’avenir de cette nouvelle donne.

 

La filière luzerne française compte en effet 10 coopératives de déshydratation, 24 usines, 68 000 hectares et 6 300 agriculteurs adhérents pour une production annuelle de 745 000 t de luzerne déshydratée sous forme de granulés (60 %) et balles de foin (40 %).

 

Pour Marie-Hélène Jeuffroy, directrice de recherche à l’Inra : « Les légumineuses sont une bonne réponse à bon nombre de problématiques actuelles : fragilisation de nos systèmes de grandes cultures, émissions trop importantes de gaz à effet de serre, déficit structurel en protéines pour l’alimentation animale, mais aussi nécessaire augmentation des protéines végétales en nutrition humaine. »

 

TNC

 

 

 

 

Protection des abeilles 17 petites et grandes villes labellisées « ApiCité »

 

Dix-sept villes, allant de Paris à Dijon en passant par des petites communes, ont reçu jeudi le label « APICité » délivré par des apiculteurs professionnels pour récompenser des actions favorables aux abeilles et sensibiliser à leur rôle primordial dans l'agriculture.

 

« Les premiers labels APICité sont décernés à 17 petites et grandes communes allant de 200 à 2 millions d'habitants », a annoncé l'Union nationale des apiculteurs français (Unaf), la principale organisation d'apiculteurs, à l'origine de ce nouveau label.

 

« L'objectif de ce label, accordé pour deux ans, est de valoriser les politiques locales en matière de protection des abeilles », explique l'Unaf qui défend des politiques plus volontaristes pour limiter l'usage de certains pesticides (néonicotinoïdes) et pour combattre le frelon asiatique.

 

Dijon, Montberon près de Toulouse, Tarbes et Paris sont les communes ayant la démarche la plus poussée, qualifié « d'exemplaire ». Pour leur action « remarquable », Amiens, Clermont-Ferrand, Mèze, Thionville, Vitrolles notamment entrent dans le club des villes agissant en faveur des abeilles qui, au delà de produire du miel, sont des pollinisateurs dont le rôle est indispensable pour de nombreuses cultures (notamment fruits et légumes). « De nombreuses communes s'engagent concrètement aujourd'hui dans cette dynamique, interdisant l'usage de pesticides dans les jardins publics, plantant des essences mellifères, installant des ruches en ville ou mettant en place des programmes de sensibilisation dans les écoles », explique dans un communiqué l'Unaf.

 

Une récente évaluation publiée par le ministère de l'Environnement estime qu'entre 5 et 12 % de la valeur de la production végétale française - soit entre 2 et 5 milliards d'euros - dépend de l'action des insectes pollinisateurs (abeilles domestiques et sauvages, bourdons, etc.). Les cultures de melons, pastèques, kiwis et des cucurbitacées (potirons, courges, etc.) sont par exemple à 90 % dépendants de la pollinisation, lorsque pommes, cerises et concombres le sont à 65 %.

 

AFP

 

 


 

Apiculture 2016, nouvelle année « catastrophique » pour la production de miel

 

Paris, 22 sept 2016 (AFP) - La production de miel en France a connu en 2016 « une nouvelle année catastrophique » en raison de la météo, passant, avec environ 9 000 tonnes, en dessous des 10 000 tonnes de 2014, déjà considérée comme « la pire année de l'apiculture française », a annoncé l'Unaf jeudi.

 

Relevant des baisses allant, selon les régions, « de 60 à plus de 80 % », l'Union Nationale de l'Apiculture Française (Unaf) a écrit au ministre de l'Agriculture pour obtenir « la reconnaissance en calamité agricole pour les régions les plus touchées et des aides exceptionnelles », selon un communiqué de l'organisation. Elle « s'alarme du drame que vivent de nombreuses exploitations apicoles confrontées à un manque de miel sans précédent qui met en péril leur survie économique ».

 

La production de miel, qui a été divisée par trois en vingt ans, avait connu une embellie en 2015, avec une production estimée à entre 15 000 et 17 000 tonnes. Selon l'Unaf, il s'agissait d'une « année normale », après trois années catastrophiques.

 

En 2016, « des conditions climatiques extrêmement contrastées avec des pluies abondantes et un printemps tardif, suivis d'une grande période de sécheresse et de vent du nord n'ont pas permis aux apiculteurs de faire des récoltes convenables », souligne l'Unaf. « Dans toutes les régions, et en particulier dans les grandes régions de production comme Provence Alpes Côte-d'Azur, Rhône-Alpes, Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon..., les récoltes sont en baisse de 60 à 80 % », ajoute-t-elle.

 

Selon l'organisation, « dans de nombreuses régions », des colonies d'abeilles sont « en grande souffrance et de nombreux apiculteurs sont inquiets et se demandent si leur cheptel passera l'hiver ». Elle incrimine aussi « la prédation du frelon » qui « est toujours très forte et affaiblit les colonies ».

 

Les colonies d'abeilles sont victimes depuis des années d'un taux de mortalité élevé attribué à des parasites, comme le frelon, et à l'usage de pesticides, en particulier des insecticides de la classe des néonicotinoïdes.

 

AFP

 


Réseau Biodiversité pour les abeilles

« La filière apicole doit signer un pacte avec le monde agricole »

Le Réseau Biodiversité pour les abeilles regrette que la loi pour la reconquête de la biodiversité ne prenne pas plus en compte l'enjeu de la ressource alimentaire pour les pollinisateurs. Il préconise la mise en place d’actions collaboratives entre apiculteurs et agriculteurs, comme le développement des jachères apicoles.

 

Suite à l'adoption de la loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages, le Réseau Biodiversité pour les abeilles (RBA) regrette que « le texte ne prévoit que de trop rares dispositions pour reconquérir la biodiversité, qui permet de pérenniser les services écosystémiques, tels celui de la pollinisation », et de ne pas prendre assez en compte l'enjeu qu'est la disponibilité d'une ressource alimentaire pour les pollinisateurs.

 

« Ce n'est pourtant plus un secret pour personne : bien alimentées, les abeilles sont en bonne santé », souligne Philippe Lecompte, apiculteur bio professionnel et président-fondateur du Réseau Biodiversité pour les abeilles. De fait, l'implantation de jachères sur 0,5 % de la zone de butinage assure aux abeilles les deux tiers de leurs besoins en protéines.

 

Pour le RBA, le texte est « une occasion ratée pour conjuguer efficacement aménagement des territoires, gestion des paysages, développement de la biodiversité et compétitivité de l'agriculture ». « Il faut tirer les leçons d'un débat parlementaire malheureusement éloigné des réalités concrètes du terrain. Les acteurs de la filière apicole doivent aujourd'hui prendre en main leur destin. Celui-ci passe par un pacte de confiance avec le monde agricole, qui détient les clés d'une biodiversité opérationnelle », dixit Philippe Lecompte.

Le modèle collaboratif à l'honneur de la semaine de l'abeille 

Lors de la 5e édition de la Semaine européenne de l'abeille et de la pollinisation, en juin dernier à Bruxelles, les experts ont souligné l'intérêt du modèle collaboratif. A travers des exemples de projets, entre autres, « Symbiose », la mise en place d'une trame verte au cœur de la Champagne crayeuse, ou « Apiluz », programme de gestion de la luzerne, favorable aux abeilles, les acteurs du colloque ont démontré la nécessité de rechercher le gagnant-gagnant. Le RBA demande aussi aux pouvoirs publics une remise en cause du plafonnement de la MAE pollinisation qui, selon lui, a réduit le revenu des apiculteurs.

 

TNC

 

Environnement Charente-Maritime : l’orobanche vampirise les récoltes et s'étend

 

La Rochelle, 7 juil 2016 (AFP) - Tige blafarde et écaillée, « poilue et glanduleuse », l'orobanche, qui parasite le colza dans le Poitou-Charentes, faisant chuter les rendements agricoles, a tout de la plante-vampire et le monstre colonise un peu plus la France chaque année.

 

« En moyenne, je produisais environ 35 quintaux de graines de colza à l'hectare. Avec l'orobanche, je récolte jusqu'à 20 quintaux de moins » : le bilan dressé par Maxime Guiberteau, céréalier installé près de Saint-Jean-d'Angély (Charente-Maritime), suffit à résumer les ravages de cette plante invasive, dont rien ne semble pouvoir venir à bout.

 

L'orobanche rameuse est entièrement dépourvue de chlorophylle et incapable de réaliser seule la photosynthèse. Elle a donc besoin d'une espèce « hôte » pour se fournir en eau et en nutriments, ce qui réduit fortement les rendements des plantes qu'elle parasite, voire les détruit totalement. Dans l'est de la Charente-Maritime, identifié par les biologistes comme le berceau de l'orobanche dans la région, la présence du prédateur se remarque de loin, avec les grandes zones sombres créées dans les parcelles de colza arrivé à maturité. De près, il faut pourtant se courber pour apercevoir les petites fleurs bleu-violet de cette plante, haute d'une dizaine de centimètres seulement, fixée systématiquement à un pied de colza.

 

Mais le colza n'est pas la seule victime de l'orobanche rameuse, qui se répand lentement mais sûrement vers d'autres départements. Sa présence a d'abord été détectée sur le tabac dans les années 1950, puis sur le colza dans les années 1990, sur le chanvre dans les années 2000, le melon en 2004 et le tournesol en 2007. Dernièrement, l'institut technique des producteurs d'oléagineux, de protéagineux, de chanvre et de leurs filières, Terres Inovia (ex-Cétiom), l'a même observée sur des cultures maraîchères comme la tomate, la pomme de terre ou le haricot.

 

27 départements menacés

 

Et si l'on en croit la cartographie établie par les agriculteurs et les chercheurs, le fléau s'étend désormais bien au-delà du Poitou-Charentes, jusque dans l'est de la France. « L'orobanche est classée comme espèce à problème dans 27 départements. Mais la situation du colza est catastrophique », avertit Xavier Reboud, du département Santé des plantes et environnement de l'Institut national pour la recherche agronomique (INRA). En Charente-Maritime, Maxime Guiberteau n'a pas d'autre choix que d'arrêter de cultiver du colza ou de réduire drastiquement le nombre de parcelles qu'il y consacre, comme beaucoup d'agriculteurs. « Au début des années 2000, jusqu'à 1 800 hectares étaient semés de colza. Aujourd'hui c'est moitié moins », souligne Jacky Auvinet, conseiller à la coopérative agricole de Saint-Pierre-de-Juilliers. Pour Xavier Reboud, l'espèce est « d'autant plus difficile à éradiquer que chaque pied d'orobanche mature produit sans peine 100 000 graines, capables d'attendre 15 ans leur hôte » pour germer.

 

Pour contrer l'orobanche, les agronomes n'ont pour l'instant pas de solution miracle, à part diminuer la fréquence du colza dans la rotation des cultures, comme le fait Maxime Guiberteau. « Je l'ai remplacé par des pois et du tournesol, mais ces cultures n'offrent pas les mêmes marges que le colza. J'ai perdu entre 10 et 15 % de mon chiffre d'affaires », d'autant que le colza favorise la reprise du blé cultivé après lui, « trois à quatre quintaux en plus à l'hectare ». Les recherches s'orientent aussi vers des variétés de colza plus résistantes, ou des croisements. Mais le parasite peut évoluer et trouver à son tour une parade : « c'est d'ailleurs comme ça qu'il existe une variante de l'orobanche sur la tomate. Elle a trouvé comment s'adapter », explique Xavier Reboud, évoquant une « course aux armements » entre la plante-hôte et son parasite.

 

Victime collatérale de cette guerre, l'abeille, privée d'une partie de sa nourriture au printemps, quand les fleurs sont encore peu nombreuses. « Avec le tournesol, le colza assure environ les deux tiers de la production de miel en France », insiste Pierre Testu, animateur du Réseau biodiversité pour les abeilles. « Sa disparition risque d'avoir des conséquences dramatiques pour un secteur apicole déjà en crise », s'alarme-t-il.

 

AFP

 

 

 

 

 

 

Abeilles Hécatombe dans les Pyrénées :

les apiculteurs cherchent toujours à comprendre

 

Toulouse, 1 juil 2016 (AFP) - Près de trois ans après une hécatombe exceptionnelle d'abeilles, les apiculteurs des Pyrénées cherchent toujours à comprendre les raisons de ces pertes, estimant que les autorités n'ont pas pris la mesure de cette crise.

 

Au cours de l'hiver 2013-2014, une soixantaine d'apiculteurs de l'Ariège et des Pyrénées-Orientales essuient des pertes massives : entre 50 et 80 % de leurs cheptels en quelques semaines. Entre 3 500 et 5 000 ruches selon les sources sont brusquement vidées ou dépeuplées dans les vallées, un choc dans cette forte région apicole et une perte financière, le coût d'un essaim oscillant entre 120 et 150 euros.

 

A l'époque, certains syndicats apicoles s'émeuvent de la prise en compte tardive du problème par les autorités. A l'appel de la Confédération paysanne et de la Fédération française des apiculteurs professionnels (FFAP), une « transhumance » inédite de 200 essaims donnés par des apiculteurs de toute la France est organisée.

 

En mars 2015, les apiculteurs en combinaison blanche forment, sous une pluie battante, une chaîne dans un champ près de Fabas, se passant de main en main des ruches déchargées des camions. « Dix apiculteurs ont reçu chacun dix essaims » en Ariège à l'issue de cette opération essentiellement symbolique, rappelle Christophe Michelotti, apiculteur à Contrazy et membre de l'association «Sol'Abeille », créée pour gérer ces dons.

 

Depuis, « on a bougé nos ruches, modifié nos schémas de transhumance », mais « l'hivernage 2014-2015 s'est aussi mal passé » et si 2015 a été une bonne année, « il y a certains endroits où des apiculteurs ont de nouveau perdu des ruchers entiers, les mêmes qui ont été touchés en 2013 ». « Il faut s'adapter en permanence, mais jusqu'où ? » s'interroge celui qui avait à l'époque perdu 85 colonies sur 160.

 

« Abeilles-kleenex »

 

Ce type de mortalité fulgurante se produit régulièrement à travers la France depuis deux décennies. La filière alerte depuis des années sur un taux de mortalité annuelle accrue des abeilles, attribuée à des parasites, à la modification des habitats, ou encore aux pesticides comme les néonicotinoïdes dont l'usage est en débat au Parlement.

 

« On est dans la démarche de l'abeille-kleenex, avec beaucoup de mortalité et le syndrome de l'effondrement des colonies », déplore Jean-Philippe Antoine, de Prades (Pyrénées-Orientales), qui avait à l'époque perdu sur 6 mois 120 ruches sur 180. Il souligne aussi le manque d'indemnisation lors de cette crise.

 

« J'ai l'impression d'avoir un panier percé », soupire Sylvie Humbert, qui possède des ruches dans les vallées d'Auzat et de Vicdessos depuis 24 ans. 60 % de ses ruches avaient disparu à l'hiver 2014-2015. « C'est pas toujours parfait du début jusqu'à la fin, c'est l'agriculture. Mais face à une toxicologie, on ne peut plus. »

 

Car selon les apiculteurs, l'épisode violent de 2013-2014 n'est pas isolé et était lié en particulier à l'utilisation d'anti-parasitaires sur les élevages avoisinants, dans ces zones de piémont exemptes de grandes cultures.

 

Pourtant, en novembre 2014, la préfecture de l'Ariège a publié les résultats d'une enquête ne «[permettant] pas, en l'état, de conclure à une origine commune et unifactorielle pour l'ensemble des départements touchés ». Des « agents pathogènes » et « substances chimiques » sont mis en évidence - phytosanitaires, biocides d'élevage, mais aussi des produits de traitement apicoles - sans qu'une cause ne puisse être dégagée.

 

Dans la foulée, une étude est commandée auprès de l'Institut technique de la filière apicole, l'Itsap, pour étudier le lien entre l'usage de produits vétérinaires et la santé de l'abeille. Financée par le ministère de l'Agriculture, elle associe les éleveurs, l'Inra et l'Anses et doit livrer ses conclusions fin 2017.

 

« On ne montre pas les éleveurs du doigt, ils ont aussi un outil de travail à conserver », souligne Sylvie Humbert. « Il y a une bonne volonté de partout d'essayer de trouver le problème, avec le protocole de surveillance, mais il y a une inertie, une lenteur pas possible. »

 

« Ce qu'on attend, c'est la même chose depuis 15-20 ans, c'est-à-dire un peu de courage quant à un meilleur encadrement de la chimie utilisée en agriculture », abonde M. Michelotti. «Le climat on s'en débrouillera, mais la pression chimique sur le territoire, politiquement, il y a de quoi faire. »

 

AFP

 

 

Environnement  Les néonicotinoïdes interdits à partir de 2018

 

Paris, 22 juin 2016 (AFP) - Les députés ont interdit mercredi soir les insecticides de la famille des néonicotinoïdes, utilisés dans l'agriculture et considérés comme tueurs d'abeilles, à partir de septembre 2018, mais avec des dérogations possibles jusqu'en 2020, selon un amendement voté au projet de loi Biodiversité en troisième lecture.

 

Au terme d'un débat de deux heures, 36 députés ont approuvé cette date de 2018 avec dérogations contre 31 qui militaient pour une interdiction seulement en 2020. Le texte doit encore faire l'objet d'une navette avec le Sénat avant un ultime vote en juillet de l'Assemblée qui a le dernier mot.

 

Cet amendement de la rapporteure Geneviève Gaillard (PS) maintient le principe d'une interdiction à compter du 1er septembre 2018, comme l'avait décidé l'Assemblée en seconde lecture. Mais il prévoit « que des dérogations à cette interdiction pourront être prises par un arrêté conjoint des ministres chargés de l'agriculture, de l'environnement et de la santé. Ces dérogations pourront être accordées jusqu'au 1er juillet 2020 ».

 

Les ministres chargés de définir ces dérogations pourront s'appuyer sur le travail de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) qui « établira un bilan comparant les bénéfices et les risques » des néonicotinoïdes et des produits ou méthodes de substitution disponibles.

 

Cet amendement avait été soutenu avant le débat par la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal qui souhaitait « un geste fort » mais « avec du réalisme ». « Il faut fixer des perspectives claires pour que l'industrie investisse dans des produits de substitution », avait-elle plaidé.

 

Le Sénat, à majorité de droite, avait supprimé toute date butoir au profit d'une diminution progressive. La droite à l'Assemblée avait fini ensuite par se rallier à une date de 2020.

 

Une pétition ayant recueilli plus de 600 000 signatures pour demander l'interdiction des néonicotinoïdes, qui font l'objet d'un moratoire partiel en Europe depuis fin 2013 avait été remise le 16 juin par des ONG à Ségolène Royal alors que le gouvernement était divisé sur cette question entre ministères de l'Agriculture et de l'Environnement.

 

Depuis le milieu des années 1990, chaque année, 30 % des colonies d'abeilles meurent. Avant 1995, date de l'apparition des néonicotinoïdes sur le marché français, « les mortalités avoisinaient seulement les 5 % », selon ces ONG.

 

AFP

 


 

 Environnement 600 000 signatures pour interdire des insecticides nocifs pour les abeilles

 

Paris, 16 juin 2016 (AFP) - Une pétition ayant recueilli 600 à 700 000 signatures pour demander l'interdiction des néonicotinoïdes, pesticides aggravant la mortalité des abeilles, doit être remise jeudi à Ségolène Royal par des ONG, qui espèrent bien que cette mesure sera votée dans la loi sur la biodiversité.

 

« La pétition sera officiellement remise à la ministre de l'Environnement », a indiqué à l'AFP l'Union nationale des apiculteurs français (Unaf), à quelques jours du passage en 2e lecture à l'Assemblée nationale du texte sur la biodiversité.

 

« Une bataille féroce se déroule en ce moment même pour interdire les néonicotinoïdes, ces pesticides neurotoxiques qui déciment chaque année 300 000 colonies d'abeilles en France », souligne la pétition.

 

Le texte, porté par l'Unaf, des ONG écologistes (Fondation Hulot, Générations futures, Greenpeace, Agir pour l'environnement, etc.), ainsi que des organisations comme Avaaz et SomeOfUs, a été signé par 600 à 700 000 personnes. Cette fourchette prend en compte les possibles doublons.

 

Ces derniers années, la production de miel s'est effondrée en France, du fait d'une mortalité annuelle accrue des abeilles (autour de 30 %). D'environ 30 000 tonnes il y a 20 ans, la production est passée à 15 000 en 2015.

 

Mercredi, en commission, les députés ont voté l'interdiction des néonicotinoïdes à l'horizon 2018, comme ils l'avaient fait en 1ère lecture. Le vote en séance publique interviendra la semaine prochaine. Le Sénat avait lui supprimé cette date butoir au profit d'une diminution progressive, sans date limite pour une interdiction.

 

La suppression d'ici deux ans de ces substances a reçu le soutien de Ségolène Royal mais pas celui de Stéphane Le Foll, le ministre de l'Agriculture.

 

Les néonicotinoïdes font l'objet d'un moratoire partiel en Europe depuis fin 2013 : trois molécules (l'imidaclopride, la clothianidine et le thiaméthoxam) sont interdites sur la plupart des cultures (tournesol, maïs, colza) sauf les céréales à paille d'hiver et les betteraves. L'Allemagne a étendu le moratoire aux céréales à paille d'hiver.

 

AFP

 

 

 

 

 En Bourgogne Une étude pour savoir si les abeilles et la moutarde font bon ménage

 

Arc-sur-Tille (France), 13 mai 2016 (AFP) - Le Réseau Biodiversité pour les abeilles (RBA) a annoncé vendredi qu'une expérimentation avait été lancée en Bourgogne pour connaître l'intérêt de la moutarde pour les pollinisateurs.

 

La moutarde, dont la floraison a lieu en mai, pourrait combler « le vide en mai et juin, entre la floraison du colza et celle du tournesol » et ainsi « réduire la période de disette » pour les abeilles, a déclaré l'animatrice scientifique de l'association, Amélie Mandel.

 

En Bourgogne, où la culture de la moutarde s'étend sur environ 5.000 hectares pour 250 producteurs, deux parcelles de moutarde, une en Côte-d'Or et l'autre en Saône-et-Loire, accueillent des ruchers pour cette étude. L'étude de ces ruchers et du miel produit par ceux-ci doit permettre de connaître notamment la part de la moutarde dans la diversité des apports en pollen des abeilles, selon Amélie Mandel.

 

Pour le président du RBA, Philippe Lecompte, également apiculteur, « le miel de moutarde peut avoir un petit goût piquant, ce qui n'est pas du tout un inconvénient ».

 

Le président de l'Association des producteurs de graines de moutarde de Bourgogne (APGMB), Fabrice Genin a dit espérer « trouver un pacte gagnant-gagnant » grâce à cette étude, « une meilleure pollinisation des cultures améliorant les rendements » des parcelles. « Nous voulons changer nos pratiques pour que cela apporte vraiment quelque chose à la biodiversité et entrer dans un cercle plus vertueux », a ajouté Fabrice Genin.

 

Les agriculteurs pourraient, si l'étude confirme l'intérêt de la moutarde pour l'alimentation des abeilles, créer des jachères mellifères ou insérer des intercultures mellifères sur leurs parcelles. La filière apicole alerte depuis de nombreuses années sur le taux de mortalité élevé des abeilles (30 % en moyenne). Cette surmortalité est attribuée à des parasites, comme le frelon asiatique, et à l'usage de pesticides, en particulier des insecticides de la classe des néonicotinoïdes.

 

AFP

 

 

 


 

Loi biodiversité/abeilles              Les néonicotinoïdes au cœur des débats

 

Paris, 10 mai 2016 (AFP) - Les insecticides de la famille des néonicotinoïdes, utilisés dans l'agriculture et considérés comme nocifs pour les abeilles, sont au cœur des débats alors que le Sénat est revenu en commission sur l'interdiction votée par l'Assemblée nationale dans le projet de loi sur la biodiversité.

 

Au terme d'un débat intense, l'Assemblée nationale avait voté à la mi-mars en deuxième lecture l'interdiction sans dérogation des néonicotinoïdes à partir du 1er septembre 2018. Dans une démarche inhabituelle, Stéphane Le Foll avait pourtant envoyé aux députés une lettre pour les appeler à ne pas entreprendre de telles « interdictions brutales » au seul niveau français.

 

Mais depuis, la balance est repartie dans l'autre sens au Sénat. Les sénateurs ont en effet rétabli en commission, à l'unanimité des membres des groupes socialiste et Les Républicains, le texte initial voté en première lecture prévoyant qu'un arrêté du ministre de l'agriculture définisse les conditions d'utilisation de ces produits, sans évoquer d'interdiction. C'est ce texte qui sera examiné à partir de mardi au Sénat. Contrairement à une interdiction brutale, cette réglementation permettrait « d'encadrer l'utilisation de ces produits, sans pour autant conduire des productions agricoles dans des impasses techniques », peut-on lire dans les amendements déposés par le groupe Les Républicains. Le délai de deux ans d'ici à l'interdiction prévu dans le projet de loi voté à l'Assemblée est en effet considéré comme trop court par les groupes d'agrochimie.

 

« On est dans des métiers où on travaille sur des plateformes de 5 à 10 ans » pour développer de nouveaux produits, explique à l'AFP le directeur général de Syngenta France, Denis Tardit. Et, selon lui, à ce jour, les néonicotinoïdes « sont les (produits) les plus efficaces et les plus respectueux de l'environnement quand on fait une approche comparative ». « On risque de revenir sur des produits plus anciens. On était avec des iPad, on va retourner au minitel, avec des produits qu'il faudra appliquer plus souvent et donc avec des risques de résistance plus élevés », soutient-il. Face aux insectes vecteurs de maladies comme les pucerons et la cicadelle, les producteurs estiment aussi ne pas avoir de meilleurs moyens de défense que les néonicotinoïdes.

 

Pertes de rendement

 

Ainsi, le directeur général de la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB), Alain Jeanroy, déclare qu'en cas d'interdiction des néonicotinoïdes, « nous serions obligés de revenir à une pratique beaucoup plus dommageable pour l'environnement, avec une ou plusieurs pulvérisations ». La conséquence pourrait aussi être des baisses de rendements « d'environ 15 % pour certaines régions » selon lui.

 

C'est également l'argument des producteurs de céréales à paille (blé, orge, avoine) réunis dans l'AGPB qui estiment les « pertes de rendements » évitées grâce aux grains enrobés d'un produit à base de néonicotinoïdes, à 30 % pour l'orge et 21 % pour le blé.

 

Face aux fabricants et aux producteurs, les organisations écologistes plaident, elles, pour l'arrêt total et rapide d'un produit jugé nocif, notamment pour les abeilles. Plusieurs ONG et organisations professionnelles dont la Confédération paysanne, la Fondation Nicolas Hulot, et Greenpeace ont demandé la semaine dernière aux sénateurs de promouvoir des « alternatives sans chimie » à ces pesticides considérés comme « néfastes pour l'environnement et la santé ».

 

Depuis le milieu des années 1990, chaque année, 30 % des colonies d'abeilles meurent. Avant 1995, date de l'apparition des néonicotinoïdes sur le marché français, « les mortalités avoisinaient seulement les 5 % », ont relevé les organisations.

 

Des arguments que conteste Syngenta. « Toutes les études qu'on a pu faire montrent que, bien utilisé dans les conditions pratiques d'emploi, on n'observe pas d'effets sur les ruches », lors des études aux champs, assure Denis Tardit. Mais si les sénateurs ont semblé entendre ces arguments, la loi biodiversité devra ensuite repasser devant l'Assemblée nationale et les débats sont loin d'être terminés.

 

 

 


 

DDM ou Date de Durabilité Minimale

 

 

Les produits alimentaires vendus dans un conditionnement doivent indiquer un délai pour la consommation.

 

 Les denrées périssables, à conserver au frais (la température de conservation est indiquée clairement sur l’étiquetage) présentent généralement une date limite de consommation (DLC). Cette DLC est indiquée sur le conditionnement par la formule « À consommer jusqu’au...  ». Elle s’applique à des produits susceptibles, après une courte période, de présenter un danger pour la santé humaine, comme la viande vendue en barquette par exemple.

 

 À l’inverse, certains produits stérilisés ou présentant une faible teneur en eau comportent une date de durabilité minimale (terme qui a remplacé la date limite d’utilisation optimale (DLUO) depuis la mise en application du Règlement (UE) n°1169/2011 concernant l’information du consommateur sur les denrées alimentaires au 13 décembre 2014. C’est le cas par exemple des gâteaux secs, ou encore des boites de conserve. Une fois la date passée, la denrée ne présente pas de danger mais peut en revanche avoir perdu tout ou partie de ses qualités : goût, texture... Sur le conditionnement, la DDM est indiquée par la formule « À consommer de préférence avant...  ».

 

  • Le dépassement de la DDM ne rend pas l’aliment dangereux : l’aliment peut donc encore être commercialisé et consommé.
  • Il n’est pas nécessaire de jeter les produits concernés quand la DDM est dépassée, sauf en cas d’altérations du produit.
     Les produits non secs (purées, jus, sauces, compotes, etc.) comportent également une DDM : cela signifie que ces produits peuvent être conservés très longtemps mais une fois ouverts, ils doivent être conservés au frais et consommés très rapidement.

 

La DLC et la DDM sont avant tout des mesures de prévention des risques d’infections d’origine alimentaire.

 

Comment définit-on la date de péremption ?

 

La date de péremption ne dépend pas seulement des caractéristiques des aliments.

 

La qualité des matières premières, le site de production, le degré de maîtrise de la technologie mise en œuvre, le circuit de distribution … entrent aussi dans la détermination de la date de péremption.

 

DDM de moins de 3 mois : indiquer le jour et le mois de cette DDM

 

DDM entre 3 mois et 18 mois : indiquer le mois et l’année de cette DDM

 

DDM supérieure à 18 mois : indiquer l’année de la DDM

 

 

 Opération « Paris-culteurs

 

Le toit de l'Opéra Bastille ou les marches de Bercy pour végétaliser Paris

 

Paris, 14 avr 2016 (AFP) - Le toit de l'Opéra Bastille, les marches de Bercy, un parking en sous-sol sont quelques-uns des 47 sites de Paris dévoilés jeudi qui sont mis à disposition par la Ville et ses partenaires pour végétaliser la capitale, y faire pousser plantes et légumes et « répondre concrètement aux défis climatiques. »

 

La Mairie de Paris, à l'initiative de l'opération « Paris-culteurs », a annoncé la liste et les caractéristiques de ces sites en invitant les « innovateurs du monde entier » - associations, paysagistes, agriculteurs, entrepreneurs, etc - à soumettre leur projet de végétalisation ou d'agriculture urbaine sur ces toits, façades ou sous-sols.

 

« Dans un territoire parisien dense, cet appel à projets servira de catalyseur pour développer de nouveaux modes d'accès à la nature », a indiqué Pénélope Komitès, adjointe PS aux espaces verts de la maire PS de Paris Anne Hidalgo. L'opération « Paris-culteurs » a pour objectif d'offrir à la culture, d'ici 2020, 100 hectares dont 30 dédiés à l'agriculture urbaine, sur les bâtiments parisiens, autant pour « lutter contre l'érosion de la biodiversité » que développer les circuits courts ou créer du lien social. Les parcelles devront pouvoir proposer des techniques variées de culture (aquaponie, hydroponie, permaculture, culture en bac, champignonnière, etc).

 

Pour cette première vague, les sites choisis offrent une surface globale de 5,5 hectares sur des bâtiments de la Ville (directions diverses, écoles, gymnases), de partenaires publics (RATP, ErDF, La Poste Immo) ou privés (J.C.Decaux, la Compagnie de Phalsbourg). 29 sites sont dédiés à l'agriculture urbaine sur 4 hectares, allant de 180 à 6 000 m2. L'Opéra Bastille propose ainsi 5.000 m2 de sa toiture. La salle de concerts de Bercy offre 270 m2 de ses marches à végétaliser. La RATP met à disposition 1.000 m2 du toit-terrasse de son centre médical, l'hippodrome de Vincennes 3.500 m2 sur ses toits et, pour un potager en pleine terre, le centre de sa piste.

 

Les candidats potentiels ont jusqu'au 4 juillet 16 h pour déposer leurs dossiers, avant qu'un jury international ne désigne les lauréats à l'automne pour un début de mise en œuvre à la fin de l'année. Des conventions d'occupation du domaine public seront signées avec la Ville. Des redevances sont prévues, de l'ordre de 100 euros annuels par tranche de 500 m2. Les détails de l'opération peuvent être consultés sur www.parisculteurs.paris.

 

AFP

 

 

 

 

Alimentation Un macaron pour valoriser les circuits de proximité

 

Paris, 7 avril 2016 (AFP) - Les petits commerçants s'approvisionnant sur les marchés de gros de leur région peuvent désormais valoriser leur ancrage local grâce à un macaron « créateurs de proximité », a annoncé jeudi la Fédération des marchés de gros de France (FMGF) dans un communiqué.

 

L'objectif est « d'identifier les circuits de distribution de proximité et leurs produits auprès des consommateurs », a précisé à l'AFP Maguelone Pontier, secrétaire générale de la FMGF. « Tout est parti du constat que les consommateurs connaissent les produits des grandes surfaces mais pas ceux issus des circuits de proximité », a-t-elle expliqué. « La valorisation des commerces de proximité et du rôle qu'ils jouent dans le maintien du lien social au travers d'un sourire ou d'un conseil », est aussi l'un des moteurs de l'initiative, selon la FMGF.

 

Lancé à Rungis, à l'occasion de la journée nationale de la FMGF, le macaron « créateurs de proximité » doit concerner 62.000 commerces. Les fleuristes, boucheries, restaurants recevront l'autocollant personnalisable avec leur carte d'acheteur sur un marché de gros.

 

La Fédération des marchés de gros regroupe 21 marchés adhérents sur le territoire français qui approvisionnent quotidiennement 45 millions de consommateurs.

 

AFP

 

 

 

 

 

 

Tendance Dans les Flandres, la bière se mue en « vin du Nord »

 

Lille, 25 mars 2016 (AFP) - Elle est désormais servie dans des seaux à champagne, dégustée dans des restaurants étoilés et peut valoir plus de 100 euros... Dans le Nord, la bière perd son image de « bibine » et possède désormais tous les attributs d'un « vin du Nord », portée par la vogue des artisans-brasseurs.

 

A la "Laiterie", restaurant étoilé de Lambersart, dans la banlieue chic de Lille, le chef Nicolas Gautier évoque ainsi cette renaissance : « avec la jeune génération de chefs, on cherche et on fait des découvertes, avec des accords mets bières sur les entrées, les plats et les desserts ». « On la sert dans un verre spécial à dégustation et on travaille le plat selon la bière servie, comme pour un vin », abonde-t-il.

 

Ce renouveau s'appuie sur celui des petites brasseries. « Il s'en crée quasiment une par mois et depuis deux ans, la dynamique s'amplifie, on en arrive aujourd'hui à une soixantaine », se félicite Gérard Sonnet, secrétaire général du syndicat des brasseurs Nord de France, regroupant le NPDC et la Picardie.

 

Le Nord a toujours été terre de houblon : à la fin du XIXe, sur les 2.800 brasseries de France, plus de 1.500 se trouvaient dans le Nord, où, selon la légende, chaque église et chaque ferme en cachait une. Elles ont ensuite décliné, sous l'effet des deux guerres mondiales - le cuivre des brasseries étant prisé des militaires - et des concentrations industrielles. En 1950, il en restait 137, puis une vingtaine au milieu des années 1980.

 

Mais la volonté de « consommer différemment » avec un goût « moins standardisé » et de trouver « un produit du terroir », loin de la bière blonde industrielle, légèrement amère et rafraîchissante, autour de 5°C d'alcool, a sonné l'heure du changement, note Gérard Sonnet. « Historiquement, ce sont les Américains qui ont relancé les bières artisanales, notamment en Californie, dans les années 1990 », explique Amaury D'Herbigny, qui a ouvert une micro-brasserie dans une rue aux façades XVIIe du Vieux-Lille.

 

Avec la France et les Etats-Unis, l'Ecosse et le Danemark sont également en pointe sur ce marché des bières de spécialité. « Des bières qui existaient dans le passé, notamment celles d'abbaye, les IPA (Indian pale Ale, ndlr), les stouts ou celles aux fruits reprennent du galon, mais on a aussi des choses un peu nouvelles, comme celles en fut », relève Gérard Sonnet.

 

Bière à 120 euros

 

Attablé à la terrasse d'un bar affichant « beer fooding » sur le parvis de la cathédrale de Lille, François Devos, « biérologue », colle littéralement son oreille sur le bord d'un verre pour entendre la pétillance d'une « bière noire » et percer la complexité de ce mélange d'eau, de céréales, de levure et de houblon. « On sent le fruit rouge, le goût est boisé, on sent des copeaux de chêne... Légèrement tannique, coté astringent qui assèche les gencives... Quelques notes torréfiées... Une belle puissance en céréales... Une poussée en amertume discrète car le corps est puissant », égrène-t-il, au fil du triptyque magique de la dégustation de la bière, à savoir « l'attaque, le corps et l'amertume ».

 

« Maintenant, il y a tout un cérémonial, les brasseurs ont fait un effort aussi sur la verrerie, on est entré dans un processus de dégustation avec des bouteilles parfois sérigraphiées », poursuit François Devos, qui fait partie de la vingtaine de biérologues exerçant aujourd'hui dans l'hexagone. « Ce n'est plus à la tireuse ! On la sert désormais dans un seau à glace, et au fur et à mesure du repas comme pour un champagne », s'exclame de son côté Clément Marot, chef d'une bonne table lilloise.

 

Conséquence : certaines bières atteignent des sommes vertigineuses comme une écossaise vendue 120 euros dans le "Beerstro" de Lille, affichant un taux d'alcool de...32°C. « Il y a une petite compétition mondiale pour afficher la bière la plus forte, la plus amère, la plus aromatique...Il y a des excès, mais ça reste anecdotique », souligne François Devos.

 

AFP

 

 

 

  Produits phytosanitaires Sans pesticides,

le problème des impasses technologiques sur les cultures

 

Paris, 1 avr 2016 (AFP) - En attendant le changement de culture et de pratiques dans le monde agricole, prôné par écologistes et chercheurs, la suppression de plusieurs molécules pesticides jugées dangereuses a créé des impasses technologiques difficiles à résoudre.

 

Mi-mars, les producteurs de blé et de maïs se sont insurgés contre l'interdiction programmée pour 2018 des néonicotinoïdes, insecticides néfastes aux abeilles. Ils s'estiment ainsi totalement privés « de solutions efficaces pour lutter contre les ravageurs des cultures ».

 

Le ministre de l'agriculture, Stéphane Le Foll, avait appelé les députés à ne pas adopter des « interdictions brutales », tout en demandant à l'Anses, autorité sanitaire chargée de délivrer les autorisations de mise sur le marché des produits phytosanitaires, d'évaluer l'existence de produits ou pratiques de remplacement efficaces.

 

Certes, les fabricants de pesticides, comme cette semaine ceux de glyphosate - composant du célèbre Roundup de l'américain Monsanto - s'empressent d'utiliser l'argument, à grands renforts de sondages sur l'« utilité » de leur produit et « l'impasse technique qui résulterait de son retrait ». Mais sur les néonicotinoïdes, il y a en effet « un vaste problème, car ce sont des molécules très utilisées, qui concernent beaucoup de productions. En traitement curatif, il n'y a pas pour l'instant de solution qui ait la même efficacité », reconnaît Christian Lannou, responsable de l'unité santé des plantes et environnement à l'INRA.

 

Autre exemple emblématique, celui des cerises, récemment privées de diméthoate, un insecticide destiné à lutter contre un moucheron ravageur. L'interdiction menace la survie économique des producteurs, affirment les syndicats agricoles.

 

Les maraîchers n'ont plus droit aux nématicides, sans équivalent pour éradiquer les petits vers s'attaquant aux carottes ou aux pommes de terre.

 

Et côté vigne, la maladie de l'esca, due à des champignons, a beaucoup progressé depuis l'interdiction de l'arsenic pour protéger le bois.

 

Parfois, l'impasse peut aussi venir de l'interdiction de la technique d'application du produit, comme les épandages aériens qui mettent en difficulté les riziculteurs de Camargue ou les viticulteurs travaillant sur des terrains pentus difficiles d'accès.

 

Mais les scientifiques comme les experts du ministère de l'agriculture et les écologistes s'accordent sur un point : la plupart de ces impasses viennent d'années d'utilisation systématique et peu réfléchie de la chimie, qui laisse les agriculteurs démunis lorsqu'on leur retire le produit. Pour l'esca par exemple, « le fait de pouvoir utiliser (l'arsenic) a longtemps empêché de se poser les bonnes questions. On se rend compte aujourd'hui que ce sont souvent les mauvaises pratiques qui ont favorisé ces maladies, notamment dans la manière de tailler les vignes », avec des sécateurs mécaniques plus rapides mais qui entaillent plus profondément le bois, favorisant la pénétration des champignons, explique Pascal Lecomte, spécialiste du vignoble à l'Inra Bordeaux. Environ 15 % du vignoble français est atteint, en particulier en Charentes.

 

Pour éviter de remplacer la chimie par la chimie, il faut « associer plusieurs méthodes de lutte », comme renouer avec les rotations de cultures, insiste Christian Lannou de l'Inra, où une cinquantaine de chercheurs sont mobilisés pour développer des variétés plus résistantes aux maladies, ainsi que des solutions dites de biocontrôle, non-chimiques et utilisables en agriculture bio, pour un budget de 7,5 millions d'euros par an.

 

AFP

 

 

 

 

Œnologie Une bouteille intelligente qui peut conserver le vin jusqu'à 30 jours

 

 

New York, 29 mars 2016 (AFP) - Une start-up américaine de Boston, Kuvée, a lancé une bouteille de vin intelligente, qui permet à la boisson de conserver ses propriétés jusqu'à 30 jours après ouverture, grâce à une technologie qui évite le contact avec l'oxygène de l'air.

 

La bouteille peut être pré-commandée pour 179 dollars mais ne sera pas livrée avant octobre 2016 pour les résidents de Californie et du Massachusetts et à partir de décembre 2016 pour d'autres régions aux Etats-Unis.

 

Elle ne contient rien et doit être chargée avec une autre bouteille livrée par un producteur dans un format spécial, à la manière d'un consommable comme une cartouche d'encre. Le consommateur ne peut donc acheter son vin qu'auprès de certains producteurs californiens, pour des prix allant de 15 à 50 dollars la bouteille.

 

Le mécanisme possède une valve qui permet de servir le vin tout en évitant que l'oxygène de l'air ne vienne altérer le breuvage. Dans des conditions normales, l'oxygène ne permet pas de conserver les qualités du vin au-delà d'une journée.

 

Une autre start-up du Massachusetts, Coravin, a lancé en 2013 une machine permettant d'extraire le vin de la bouteille à l'aide d'une seringue sans en retirer le bouchon, ce qui permet également d'éviter l'oxydation. Le consommateur client de Kuvée peut ouvrir plusieurs bouteilles en même temps et les charger tour à tour dans la bouteille principale sans altérer le vin lorsqu'il effectue un changement. La bouteille principale est présentée comme intelligente en ce qu'elle reconnaît le flacon qui est chargé et son contenu. Elle indique l'équivalent du nombre de verres qui peuvent encore être servis, mais aussi des informations sur l'origine et le procédé de fabrication, par le biais d'un écran intégré dans la bouteille. Le logiciel intégré offre de noter les vins ce qui lui permet de faire des propositions d'autres cuvées correspondant aux goûts du consommateur, qui peut les commander directement via l'écran tactile. Kuvée est une start-up qui a déjà levé six millions de dollars auprès d'investisseurs en capital-risque.

 

AFP

 

 

Interpol Poulet dans du formol, olives repeintes : saisie record d'aliments dangereux

 

 

Lyon, 30 mars 2016 (AFP) - Intestins de poulet au formol, olives badigeonnées de sulfate de cuivre, viande de singe : plus de 10.000 tonnes de nourritures frelatées ou contrefaites ont été saisis dans 57 pays lors d'une opération menée conjointement par Interpol et Europol.

 

Cette opération baptisée "Opson V" constitue un record en quantité de matières saisies, a annoncé mercredi l'organisation policière internationale dans un communiqué. L'an dernier, « Opson IV » avait permis de saisir 2.500 tonnes d'aliments contrefaits.

 

Plusieurs arrestations ont été menées à travers le monde et des enquêtes se poursuivent, ajoute Interpol, sans en préciser le nombre.

 

Près de neuf tonnes de sucre contaminées par des engrais ont ainsi été saisies à Khartoum (Soudan). En Italie, la police a mis la main sur 85 tonnes d'olives « repeintes » par une solution de sulfate de cuivre afin d'embellir leur aspect, relate Interpol, dont le siège est à Lyon.

 

En Thaïlande, la police a pu remonter une filière lors de l'arrestation d'une personne qui transportait quatre tonnes de viande importées illégalement d'Inde. Les enquêteurs ont pu ensuite détruire plus de 30 tonnes de viandes de bœuf et buffle impropres à la consommation qui étaient destinées à être vendues dans des supermarchés.

 

Les douanes de l'aéroport de Zaventem en Belgique ont découvert plusieurs kilogrammes de viande de singe, tandis qu'en France plusieurs kilos de criquets et chenilles ont été saisis.

 

Parmi les nombreux exemples cités dans le communiqué, Interpol relate la saisie, en Indonésie, de 70 kg d'intestins de poulet conservés dans du formol, normalement interdit dans les additifs alimentaires.

 

Lancées pour la première fois en 2011, les opérations « Opson » ont évolué jusqu'à impliquer progressivement une soixantaine de pays dans le monde entier.

 

« La nourriture et les boissons frelatées et de mauvaise qualité sont une menace réelle pour la santé et la sécurité », a commenté Michael Ellis, chef de l'unité dédiée à la lutte contre le trafic de marchandises illicites au sein d'Interpol, cité dans le communiqué.

 

AFP

 

 

 

 

Abeilles La chute de la production de miel en France enrayée en 2015

 

Paris, 10 mars 2016 (AFP) - La production de miel hexagonal, qui a été divisée par deux en vingt ans, est repartie à la hausse en 2015, malgré une mortalité toujours élevée chez les abeilles, a annoncé jeudi l'Union nationale des apiculteurs français (Unaf).

 

« Après trois années catastrophiques (...), les apiculteurs retrouvent en 2015 une production moyenne », note l'Unaf, loin toutefois de satisfaire la demande nationale, ce qui conduit la France à massivement importer du miel (environ 28.000 tonnes). Selon les estimations de l'Unaf, entre 15 et 17.000 tonnes de miel ont été produites en France l'an passé. La production était tombée à un niveau historiquement bas en 2014 avec moins de 10.000 tonnes. En 1995, plus de 30.000 tonnes étaient produites et encore 20.000 en 2011, rappelle l'association d'apiculteurs professionnels, qui réclame de nouvelles interdictions de pesticides dont l'usage aggrave la mortalité des colonies.

 

Malgré la légère embellie de 2015, le taux de mortalité est toujours élevé : 30 % en moyenne, parfois 50 à 80 % dans certains secteurs. « Chaque année, ce sont 300.000 colonies d'abeilles qui meurent et qui doivent être reconstituées », souligne l'Unaf. Cette surmortalité est attribuée à des parasites (le frelon asiatique par exemple) et à l'usage de pesticides, en particulier des insecticides de la classe des néonicotinoïdes. Plusieurs études ont mis en évidence l'impact des néonicotinoïdes qui désorientent les abeilles et les empêchent de retrouver leur ruche.

 

L'Union européenne a d'ailleurs imposé en 2013 un moratoire sur trois néonicotinoïdes, ainsi que sur le Fipronil. Mais d'autres néonicotinoïdes sont commercialisés et, par ailleurs, le moratoire ne concerne pas les céréales à paille semées en hiver, ni les betteraves et les traitements en forêt.

 

AFP

 

 

 

 

 Au Salon de l'agriculture Le Guadeloupéen Benoît Foucan-Perafide,

meilleur apiculteur de France

 

Pointe-à-Pitre, 29 fév 2016 (AFP) - Son histoire avec les abeilles a pourtant commencé douloureusement, se souvient Benoît Foucan-Perafide. Echaudé par les piqûres, il ne voulait plus approcher une butineuse. Dix ans après, ce Guadeloupéen est devenu meilleur apiculteur de France.

 

Ce grand gaillard de 38 ans participe au Salon de l'agriculture de Paris, Pavillon Régions d'Outremer, au stand de la Chambre d'agriculture de la Guadeloupe qui héberge l'association des apiculteurs du département (l'Apigua). Pour cet habitué des lieux, vendre son miel, c'est aussi vendre sa Guadeloupe.

 

Début février, au côté de 33 autres lauréats, Benoît a reçu des mains du ministre Stéphane Le Foll, le Prix d'excellence du Concours général agricole 2016. La récompense du travail des trois dernières années et des nombreux prix obtenus au concours qui se déroule pendant le salon.

 

Ainsi en 2015, Scea O Miel, la société dont il est le gérant, a obtenu la médaille d'or en miels tropicaux foncés. En 2014, l'or en miels tropicaux clairs et l'année précédente un doublé argent et or respectivement. Pour son associé Maurice Cléry et lui, c'est une surprise et un sentiment de fierté. « Je vais dire que c'est la réussite, cela fait dix ans que je ne fais que ça », raconte Benoît.

 

« Agréable, ouvert, très investi dans son travail, se donnant sans compter, il a façonné la filière », affirme Jacques Passave, le président de l'Apigua. « Il ne vous le dira pas : il a été désigné (localement) meilleur technicien des filières agricoles il y a quelques années », ajoute-t-il. « Grande humilité et discrétion, des qualités qui permettent de réussir », conclut Jacques Passave.

 

Le père de Benoît Foucan-Perafide était agriculteur et possédait cannes et bovins. Lui-même, marié et père de deux enfants, se destinait à l'agriculture mais pas à l'apiculture. Son histoire avec les abeilles a commencé au hasard d'un stage qu'on lui a proposé à l'Apigua alors qu'il était en DESS (bac + 5) production animale et végétale en Corse.

 

« Massacré »

 

« Au début, les abeilles m'ont massacré. Une fois, j'ai reçu une trentaine de piqûres et je me suis dit : "je ne veux plus en voir de ma vie ! "», raconte-t-il. Puis son regard a évolué. « Quand j'ai vu tout le travail que ces petites bêtes faisaient pour produire du miel, la pollinisation, leur organisation, cela m'a épaté », confie-t-il. Seul dans la nature, il leur parle parfois, content d'elles : « C'est mignon, mignon », mais il sait aussi dire à « ses petites bêtes » quand il n'est pas satisfait de leur production.

 

De 60 ruches en 2008, avec son associé, ils en ont aujourd'hui 250 sur plusieurs communes de Grande-Terre et Basse-Terre et même sur l'île de la Désirade. Production annuelle : 4 tonnes. Son dernier rucher, il l'a installé dans la campagne de Baie-Mahault, dans une zone de petite forêt humide à la végétation diversifiée. Pommes roses et bois de rose côtoient merisiers et arbres de mangrove. Les abeilles produisent un miel foncé, au goût légèrement amer.

 

« La Guadeloupe a un terroir exceptionnel : une combinaison florale unique. Nous avons 3.800 plantes, environ 400 sont visitées par les abeilles », explique l'ingénieur technique à l'Apigua, qui s'exprime beaucoup avec ses mains. « En Corse, cinq fois plus grande, il y a en 200 à peu près. Notre miel est très parfumé et fruité », ajoute-t-il.

 

La section miels tropicaux au Concours général agricole a été créée en 1999. Sur les 46 médailles distribuées, la Guadeloupe en a raflé 35. La réputation de son miel n'est presque plus à faire. « Nous travaillons à une labellisation, le travail de caractérisation est presque terminé », précise M. Passave. Leur volonté, avec Benoît Foucan-Perafide : faire du miel de Guadeloupe un produit de luxe.

 

AFP

 


 

Produits phytosanitaires

Réduire de 50 % le transfert d’herbicides grâce aux effaceurs de trace

 

 

Sur la culture du maïs en sols limoneux, il existe un risque de ruissellement et de transfert des herbicides au printemps vers les cours d’eau. Une étude menée à la station expérimentale de Kerguehennec dans le Morbihan montre que l’utilisation d’effaceurs de traces de roue permet de réduire ce phénomène.

 

L'utilisation d'herbicides de prélevée à base de DMTA-P (type Isard ou Dakota) présente un intérêt notamment dans certaines situations à forte pression graminées et/ou véroniques. Toutefois, en sols limoneux, les maïsiculteurs sont confrontés à un problème : le ruissellement et le transfert des matières actives vers les cours d'eau. Des orages peuvent survenir au printemps, la culture est encore peu couvrante et la croûte de battance souvent présente. Le ruissellement de surface constitue alors la principale voie de transfert de produits phytosanitaires vers les cours d'eau, notamment via les passages de roues.

 

La station expérimentale de Kerguehennec, dans le Morbihan, qui dépend de la Chambre régionale d'agriculture de Bretagne, travaille sur le sujet depuis plusieurs années. Parmi les moyens testés pour limiter le ruissellement, elle étudie les « effaceurs de traces ». Constitués de deux dents placées derrière les roues du tracteur et d'un peigne situé à l'arrière du semoir, ils modifient l'état structural du sol en améliorant l'infiltrabilité de l'eau.

 

Afin d'étudier l'impact des effaceurs de traces sur le ruissellement et sur les quantités d'herbicides transférées, une expérimentation a été mise en place en 2014 en collaboration avec BASF. D'après les résultats, l'utilisation d'effaceurs retarde le démarrage du ruissellement, le réduit de 50 % et améliore l'infiltration d'eau qui sera de plus disponible pour la culture.

 

TNC

 

 

 

Abeilles et grandes cultures

 

De mai à juillet, les mauvaises herbes fournissent plus de 40 % du pollen

 

Une étude menée pendant cinq ans sur le régime alimentaire des abeilles en zones de grandes cultures révèle qu'en période de pénurie florale, elles trouvent leur pollen et leur nectar dans les plantes sauvages.

 

Les facteurs de pression sur les populations d'abeilles sont nombreux : pesticides, maladies, parasites et prédateurs. La diminution des habitats semi-naturels tels que les haies, les prairies ou encore les bois pourrait également leur nuire en provoquant une pénurie de ressources alimentaires à des périodes clé de leur développement. Des chercheurs et techniciens de l'Inra, du CNRS, de l'Acta, de l'Itsap-Institut de l'abeille et du réseau des instituts des filières animales et végétales se sont intéressés à la composition de leur régime alimentaire au fil des mois. Pendant cinq ans, ils ont observé in situ les abeilles de 250 colonies réparties sur les 450 km² de la zone atelier Plaine & Val-de-Sèvre en Poitou-Charentes dans le cadre du dispositif Ecobee.

 

Ainsi, entre mai et juillet, époque de floraison des deux principales cultures oléagineuses, colza et tournesol, les abeilles connaissent une période de disette de deux mois environ au moment de leur pic démographique. Le pollen récolté par les abeilles provient alors d'une grande diversité de plantes adventices (pour près de 40 %), d'arbres ou arbustes des bois et haies alentours. Le nectar reste quant à lui essentiellement fourni par les cultures. Il existe donc une relation entre les pollens récoltés, leur valeur nutritionnelle et la composition du paysage. Par exemple, en début de saison, période d'alimentation des larves, les abeilles vont préférer butiner des plantes à haute valeur nutritionnelle, riches en minéraux et protéines, présentes dans les forêts.

 

Cette étude souligne l'importance des préconisations agro-environnementales en faveur d'une augmentation de la disponibilité florale dans les paysages agricoles notamment par l'introduction de plantes productrices de nectar et de pollen et la préservation de la flore sauvage.

 

TNC

 

 

Le gouvernement prolonge le plan de développement durable de l'apiculture

 

Paris, 18 jan 2016 (AFP) - Le ministre de l'agriculture, Stéphane Le Foll, a annoncé lundi que 70 % des objectifs du plan pour dynamiser l'apiculture française lancé il y a trois ans avaient été remplis, et qu'il serait prolongé jusqu'en 2017.

 

« L'ensemble des axes concernant l'environnement de la production apicole (santé, prédateurs, pollution, reconquête de la biodiversité, accompagnement de l'organisation par les pouvoirs publics) sont aujourd'hui en œuvre », a indiqué le ministère dans un communiqué. « Le plan lancé en 2013 visait à structurer la filière apicole (...) on passe à la deuxième phase en réduisant les objectifs », notamment en mettant l'accent sur la formation avec la mise en place d'un certificat de compétence, qui garantira que l'apiculteur a « un minimum de connaissances pour assurer sa production », a indiqué le ministre lors d'une conférence de presse.

 

La moitié de la production de miel française est assurée par 90 % d'apiculteurs amateurs, c'est-à-dire qui possèdent moins de 50 ruches. Le plan prévoit également de continuer à soutenir la recherche ; de limiter l'exposition des abeilles aux facteurs de risque que sont les maladies, le frelon asiatique ou l'exposition aux produits phytopharmaceutiques ; et de continuer d'organiser la production apicole.

 

Le ministre a répété qu'il « n'était pas favorable à l'idée d'interdiction des néonicotinoïdes », car les agriculteurs n'ont pas aujourd'hui d'alternatives pour remplacer cette catégorie de pesticides très controversée, mais qu'un groupe de travail allait être créé et étudierait les propositions de l'Agence française de sécurité alimentaire et sanitaire (Anses) d'étendre un moratoire sur ces produits.

 

Stéphane Le Foll attend que la filière crée une interprofession qui rassemble tous les acteurs de l'apiculture, professionnels comme amateurs. « Je souhaite qu'une proposition soit faite après le 1er mars », a-t-il indiqué, espérant que cette interprofession devienne « le lieu pour discuter ensemble des stratégies économiques, sanitaires ou de traçabilité ». Cette interprofession sera par exemple chargée des opérations de soutien de la filière comme la création d'une démarche « miel de France » à l'instar de "viande de France" et "fleur de France".

 

Les colonies d'abeilles enregistrent en France des mortalités très importantes d'une année sur l'autre (30 à 50 %), ce qui explique la baisse de la production.

 

AFP

 

 

 

 

Les colonies s’adaptent face au danger que représentent les néonicotinoïdes

 

Une étude menée en plein champ par l’Inra révèle qu’à proximité de parcelles traitées avec un insecticide de la famille des néonicotinoïdes, le thiaméthoxane, les colonies modifient leur comportement de manière à préserver la production de miel en assurant le renouvellement des ouvrières.

 

Une expérimentation de plein champ a été menée au sein du dispositif Ecobee dans la zone atelier Plaine et Val de Sèvre par Terres Inovia en partenariat avec l'Inra, le CNRS, l'Itsap-Institut de l'abeille et l'Acta. Afin de vérifier l'impact des néonicotinoïdes sur la mortalité des abeilles pollinisatrices et de préciser ses effets sur les performances des colonies, les chercheurs ont mis en place en 2013 et 2014 une expérimentation sur 200 km² comprenant quelques parcelles de colza issues de semences traitées au thiaméthoxane. 18 ruches ont été disposées selon un gradient de niveaux d'exposition aux parcelles traitées. 7 000 abeilles ont été équipées de micropuces RFID permettant de surveiller leur entrée/sortie de la ruche.

 

Publiée dans Proceedings of the Royal Society B, l'étude démontre que le risque de mortalité des abeilles augmente avec le niveau d'exposition des ruches. Au cours de l'avancement de la floraison du colza, l'effet de l'exposition s'accroît passant d'un risque moyen de 5 à 22 %.

 

Toutefois, l'exposition n'altère pas les performances des ruches et reste sans conséquences sur la quantité de miel produite. Les hypothèses avancées portent sur la mise en place au sein de la ruche de mécanismes de régulation démographique des colonies permettant de compenser la surmortalité des individus. Les colonies étudiées ont ainsi conservé des effectifs d'ouvrières et de butineuses suffisants pour maintenir la dynamique de production du miel.

 

Les chercheurs ont par ailleurs détecté des traces d'une autre substance néonicotinoïde, applicable uniquement sur des semences de cultures non butinées, l'imidaclopride, dans les échantillons de nectar prélevés dans les fleurs de colza et dans celui collecté par les butineuses. La présence de cette molécule a compliqué l'évaluation du risque puisque l'étude portait uniquement sur les effets du thiaméthoxane et qu'il n'a pas été possible de différencier l'impact de chacune de ces substances sur les abeilles. Mais elle montre la difficulté d'évaluer les risques encourus par les abeilles en conditions d'exposition aux traitements phytosanitaires. « Ces risques sont mesurables à large échelle spatiale et se traduisent sur les ruches par des effets biologiques retardés qui ne sont pas à ce jour pris en compte par les autorités sanitaires », précise l'Inra. L'étude souligne l'importance de mesurer les effets chroniques de faibles doses dans l'évaluation toxicologique précédant la mise sur le marché de produits phytopharmaceutiques mais également les possibles effets cumulatifs entre différentes matières actives.

 

TNC

 

 

 



Voici la plante carnivore qui élimine les frelons asiatiques

Publié le 28 juin 2015 à 19h00 | Modifié le 29 juin 2015 à 15h08    Begeek.fr

Communiqué par Michel Merlet

A Nantes, un botaniste a déniché une plante carnivore mortelle pour les frelons asiatiques. Cette plante appelée sarracénie est originaire d'Amérique du nord. Elle devrait aider les scientifiques à élaborer une stratégie radicale contre ces insectes.

Nous devons protéger nos abeilles, elles qui sont si rarement agressives envers nous (il faut vraiment les chercher) et qui, entre autres bienfaits, aident à polliniser la flore et nous offrent leur miel. Nos pesticides les tuent en masse et certaines espèces d’insectes viennent finir le travail en les assassinant sans vergogne. Parmi ces fossoyeurs opportunistes, on compte les frelons asiatiques, espèce agressive qui a envahi nos régions en une dizaine d’années et qui est devenue l’ennemi #1 des apiculteurs. Eh bien, un botaniste nantais a découvert qu’une plante originaire d’Amérique du nord est un excellent moyen naturel de piéger les frelons asiatiques.

La sarracénie attire, piège et digère les frelons asiatiques

Les sarracénies ne sont pas très communes dans nos contrées. On les trouve dans les arboretums et autres lieux dédiés à la botanique. C’est une espèce de plantes carnivores assez agréables à l’œil, avec leur long cou et leur forme en urne oblongue. Or Christian Besson, jardinier botaniste au Jardin des Plantes de Nantes, s’est rendu compte il a quelques mois de cela que ces plantes se révèlent être d’excellents pièges à frelons asiatiques.

Christian Besson constate que ces sarracénies attirent, piègent et digèrent ces frelons et les mouches, mais pas les autres espèces de frelons, ni les abeilles, ni les guêpes. Parfait ! Il décide alors de pousser plus en avant ses recherches et découvre en effet que le nectar et les phéromones sécrétés par ces plantes carnivores et exposés aux insectes au niveau de leur urne béante attirent irrésistiblement les frelons asiatiques, laissant indifférents les insectes locaux. L’insecte ainsi attiré va se diriger plus vers le fond de la plante, tomber dans l’urne et y rester piégé jusqu’à y être digéré.

Une sarracénie peut supprimer jusqu’à 50 frelons asiatiques

Il a été calculé qu’une seule sarracénie pouvait, à son rythme, supprimer jusqu’à 50 frelons nuisibles, ce qui représente une menace bien infime pour cette espèce ayant envahi près de 70% de notre territoire avec des centaines de millions d’individus. Aussi faut-il sans doute tenter de trouver une solution différente mais directement inspirée par ces plantes carnivores. Pourquoi ne pas tenter, par génie botanique et chimique, de déterminer la composition spécifique de ce nectar et de ces phéromones pour les synthétiser et créer à grande échelle des pièges chimiques sélectifs pour les frelons nuisibles ? Les scientifiques y travaillent en tout cas. Comme quoi, la solution se trouvait peut-être encore une fois dans la nature même.

Source : France Soir

 


Abeilles ou néonicotinoïdes Des parlementaires appellent à choisir

Paris, 24 juin 2015 (AFP) - Une quarantaine de parlementaires ont lancé mercredi un appel pour l'interdiction de tous les néonicotinoïdes, ces pesticides accusés de contribuer fortement au déclin des abeilles depuis plusieurs années et qui font l'objet d'un moratoire partiel en Europe.

« Nous députés et sénateurs, appelons nos collègues de l'Assemblée et du Sénat à voter l'interdiction de tous les néonicotinoïdes sur l'ensemble du territoire français à partir du 1er janvier 2016 », indique le texte cosigné par une majorité d'élus de gauche (PS et Eelv), mais aussi de l'Udi (Bertrand Pancher, Chantal Jouanno notamment) ou Nathalie Kosciusko-Morizet (LR).

Cet appel a été formellement lancé mercredi lors d'un forum à l'Assemblée au cours duquel les syndicats professionnels d'apiculteurs et Ong environnementales ont témoigné, et les scientifiques fait part des connaissances sur l'interaction entre néonicotinoïdes et abeilles. Selon plusieurs études, les néonicotinoïdes attaquent le système nerveux des pollinisateurs, provoquant une perte d'orientation spatiale fatale à ces insectes.

L'interdiction totale des néonicotinoïdes au 1er janvier 2016 a été votée en première lecture à l'Assemblée en mars dans le projet de loi sur la biodiversité, et contre l'avis du gouvernement. « Mais la bataille n'est pas gagnée », a souligné le député PS Jean-Paul Chanteguet en ouverture du forum, en rappelant que le passage au Sénat du texte avait été repoussé à l'automne.

« Les industriels ne devraient pas sous-estimer le rejet par la population d'un comportement de maximisation du profit, qui s'accompagne d'un discours trompeur tant sur l'innocuité des néonicotinoïdes que sur l'absence d'alternatives », a ajouté le président de la commission développement durable de l'Assemblée.

Une pétition lancée il y a quelques semaines et relayée par plusieurs Ong (Fondation Hulot, Fne, Générations futures, etc.) et des syndicats d'apiculteurs pour réclamer un moratoire sur tous les néonicotinoïdes a recueilli près de 75.000 signatures. La pétition intitulée « halte au massacre des abeilles » explique qu'un moratoire « doit ensuite permettre au gouvernement français de continuer à porter cette cause sanitaire et environnementale majeure à l'échelle européenne ».

La Commission européenne a mis en place depuis deux ans un moratoire sur trois néonicotinoïdes sur certaines cultures. Elle procède actuellement à une réévaluation des effets de ces substances à la lumière des nouvelles données scientifiques.

Deux fabricants, le Suisse Syngenta et l'Allemand Bayer, ont contesté le moratoire européen devant la Cour de justice de l'UE.

AFP

 


Croisement entre blé dur et orge Le tritordeum, nouvelle céréale, pourrait profiter de la tendance sans gluten

Lancé après plus de trente ans de développement en Espagne, le Tritordeum, issu du croisement entre le blé dur et une orge sauvage, présente de nombreux avantages nutritionnels et agronomiques. Cette nouvelle céréale « santé » pourrait se développer très prochainement en France.

Après plus de 30 ans de développement au sein de l'Institut d'agriculture durable de Cordoba en Espagne, c'est en 2012 que le Tritordeum apparaît sur les marchés espagnols et italiens. Issu d'un croisement entre le blé dur (Triticum durum) et une orge sauvage (Hordeum chilense) originaire du Chili et d'Argentine, le Tritordeum s'offre comme alternative aux céréales déjà cultivées. Agrasys, une entreprise de Barcelone, détient les droits exclusifs depuis 2006 sur la commercialisation de cette nouvelle céréale. L'entreprise contrôle toute la filière, et est responsable de l'intégration des différents acteurs qui la composent (semenciers, agriculteurs, et fabricants de produits finaux).

« Le Tritordeum nécessite peu d'eau et de fertilisants et présente une bonne résistance aux pathogènes, au stress hydrique et aux fortes températures. D'un point de vue alimentaire, après transformation, avec moins de protéines indigestibles, il représente notamment une bonne alternative pour les personnes souffrant d'intolérances alimentaires, telles que l'intolérance non cœliaque au gluten. »

Cultivé en Espagne, en Italie et au Sud du Portugal où des filières conventionnelles et biologiques ont été mises en place, le Tritordeum connaît déjà de nombreux débouchés : pain, viennoiserie, pâtisserie, biscuiterie, brasserie, pâtes alimentaires, pizza, céréales du petit déjeuner, boissons végétales... Actuellement, en Espagne et en Italie, plus de 400 établissements proposent ces produits, de la boulangerie artisanale aux grandes enseignes ou encore la vente en ligne.

Agrasys espère créer très prochainement une filière en France et en Allemagne convaincue que le Tritordeum représente « une très bonne opportunité pour les entreprises souhaitant proposer aux consommateurs des produits innovants et nutritionnellement intéressants. »

TNC

 


Pollinisation Pour les cultures, la valeur des abeilles se chiffre en milliards

Paris, 16 juin 2015 (AFP) - L'apport des abeilles sauvages dans la pollinisation des cultures est évalué à plus de 3.250 dollars (2.880 euros) par hectare et par an, indique une étude publiée mardi dans la revue Nature Communications.

Globalement, leur contribution au système alimentaire mondial s'évalue « en milliards », soulignent les auteurs, qui ont suivi sur trois ans plus de 90 projets sur la pollinisation menés dans 1.394 champs à travers le monde. Au total, près de 74.000 abeilles de près 785 espèces auront été suivies. Il en ressort que l'apport des abeilles sauvages représente quelque 3.251 dollars par hectare de culture, et les colonies d'abeilles domestiques 2.913.

Plusieurs études ont déjà tenté de donner une valeur monétaire aux "services" rendus par les écosystèmes, manière de souligner l'importance de les défendre. Mais cette étude montre aussi que seules 2 % des espèces sauvages pollinisent 80 % des cultures pollinisées par des abeilles dans le monde. Aux Etats-Unis, la principale est le bourdon fébrile (Bombus impatiens), et en Europe le bourdon lapidaire (Bombus lapidarius). Les autres espèces restent importantes pour l'écosystème, mais un peu moins pour l'agriculture. « Des espèces rares et menacées pourraient jouer un rôle moins significatif économiquement, mais cela ne veut pas dire que leur protection est moins importante », souligne David Kleijn, professeur à l'université de Wageningue (Pays-Bas), qui a conduit ces recherches, en insistant sur l'importance de maintenir la biodiversité au sein des espèces.

En Europe comme en Amérique du nord, les abeilles, notamment les mellifères domestiques, sont frappées depuis quelques années par un effondrement de leurs colonies, attribué aux pesticides, mais aussi un virus, ou des champignons, ou un ensemble de facteurs. Selon la Fao, quelque 80 % des espèces de plantes à fleurs sont pollinisées par des insectes, ainsi que des oiseaux et des chauve-souris. Du cacao au café en passant par de nombreuses variétés de fruits et légumes, au moins un tiers des récoltes mondiales dépendent de ces travailleurs non rémunérés, souligne sur son site internet l'agence de l'Onu chargée de l'alimentation. La valeur économique de la pollinisation avait été estimée en 2005 à 153 mds d'euros, soit 9,5 de la production alimentaire mondiale à destination de l'homme.

AFP


Abeilles

Un plan national d'action présenté en Conseil des ministres

Paris, 20 mai 2015 (AFP) - La ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, a présenté mercredi en Conseil des ministres un « plan national d'action » en faveur des abeilles et pollinisateurs sauvages, menacés par les néonicotinoïdes.

Le plan "France, terre de pollinisateurs" vise à stopper la perte d'espèces de pollinisateurs sauvages, a expliqué le ministère. Les néonicotinoïdes sont des insecticides agissant sur le système nerveux des insectes. La pollinisation par les abeilles et autres insectes est indispensable à la survie de la majorité des plantes à fleurs.

Le plan prévoit notamment de généraliser aux 12.000 kilomètres du réseau routier national non concédé une expérimentation menée pendant trois ans sur les bordures vertes des accotements routiers et autoroutiers.

Un fauchage tardif et des jachères fleuries seront mis en œuvre sur la base de cette expérimentation qui a abouti à une augmentation de 30 % de la diversité des insectes pollinisateurs. Plusieurs centaines de ruches municipales pédagogiques seront également mises en place.

La France va par ailleurs « engager une démarche d'extension » du moratoire partiel européen à « l'ensemble des pesticides néonicotinoïdes ». En décembre 2013, l'Union européenne a imposé pour deux ans un moratoire partiel sur trois types de néonicotinoïdes.

Selon un rapport du Conseil européen des académie des sciences, les néonicotinoïdes ont de graves effets négatifs sur la faune, l'eau et les sols. Certaines publications montrent une toxicité pour l'homme, rappelle le ministère de l'Ecologie.

Dans sa « feuille de route » écologique, présentée le 4 février, le gouvernement avait assuré que la France mènerait « au niveau européen, une action volontariste » pour que les néonicotinoïdes soient réévalués « au plus vite, en prenant en compte toutes les études concernant les effets sur les colonies d'abeilles, les pollinisateurs sauvages, la faune ».

AFP

 


Abeilles

La Commission braque les microscopes sur les néonicotinoïdes

Bruxelles, 22 mai 2015 (AFP) - La Commission européenne a entamé vendredi un passage au crible des nouvelles données scientifiques sur les risques pour les abeilles associés aux trois néonicotinoïdes dont l'usage est actuellement partiellement interdit dans l'Union européenne.

La Commission s'était engagée en 2013 à procéder à cette évaluation scientifique, dans le cadre de la prise en compte des menaces pour les abeilles l'ayant conduite à limiter temporairement l'utilisation de ces trois insecticides : clothianidine, imidaclopride et thiaméthoxam. Cette interdiction partielle restera en vigueur durant tout le processus d'examen, piloté par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), a précisé la Commission.

La France a de son côté annoncé mercredi qu'elle allait œuvrer pour que ce moratoire soit reconduit et étendu. Les néonicotinoïdes, qui agissent sur le système nerveux des insectes, sont accusés de décimer les colonies d'abeilles.

Dans un premier temps, l'Efsa a « invité les autorités nationales, les instituts de recherche, le secteur de l'industrie et les autres parties intéressées à présenter toute nouvelle information pertinente » sur les trois substances incriminées. Leur utilisation a notamment été interdite en traitement du sol ou des semences, et en application préfloraison sur les cultures qui attirent les abeilles et sur les céréales autres que les céréales d'hiver. Les parties prenantes devront répondre d'ici le 30 septembre 2015. L'Efsa « formulera ensuite ses conclusions concernant une mise à jour de l'évaluation des risques associés à ces substances ».

L'Autorité poursuit par ailleurs une évaluation des risques pour les abeilles liés à l'usage des trois pesticides sur les feuilles des végétaux traités. Elle doit finaliser ses conclusions d'ici fin juillet.

Deux fabricants, le suisse Syngenta et l'allemand Bayer, ont contesté le moratoire européen devant la Cour de justice de l'UE. L'imidaclopride de Bayer a entre-temps été épinglé par l'Efsa pour le risque qu'il fait peser cette fois sur la santé humaine, en affectant « le développement du système nerveux ».

Selon la Commission, 84 % de la production végétale destinée à la consommation humaine en Europe dépend de la pollinisation assurée par les abeilles, également menacées par la perte de biodiversité végétale et le réchauffement climatique. La prohibition partielle des trois pesticides avait été soutenue par 15 États, dont la France et l'Allemagne, mais combattue par huit, dont le Royaume-Uni, l'Italie et la Hongrie, tandis que quatre s'étaient abstenus.

 


Insolite

Elever ses poules en fût et en ville

Élever ses poules en fût, c'est ce que proposent un menuisier de métier, aviculteur par passion, Gérard Potelouin, et l'entreprise landaise Les Poulaillers de France avec des habitats inédits, innovants, conçus à partir de barriques de vin recyclées.

Exposés au Salon de l'Agriculture Aquitaine, ces poulaillers originaux voient Gérard Potelouin reprendre à son compte le système de logement perché.

Dès son lancement, ce modèle a trouvé des adeptes, notamment auprès d'une nouvelle clientèle, citadine, propriétaire de quelques poules et encouragée par une nouvelle tendance : l'utilisation des volailles pour la réduction des déchets domestiques. Pour répondre à cette demande spécifique, le menuisier a retravaillé les premiers modèles pour laisser place à des poulaillers plus compacts et esthétiques.

Désormais, Les Poulaillers de France propose une gamme élargie, à la fois tendance et fonctionnelle, adaptée aux petits jardins urbains et aux différentes régions dans lesquels ils sont distribués. Au Salon de l'Agriculture Aquitaine, des poulaillers aux formes familières à la région ont ainsi été exposés : le "Tchanqué", reprenant le design des cabanes arcachonnaises sur pilotis, le "Landais", véritable petite maison landaise, ou encore le poulailler "Girondine", conçu dans des barriques de vin recyclées.

Ce modèle totalement inédit a été inspiré par l'opération de distribution de poules pondeuses pour réduire les déchets ménagers initiée par Bordeaux.

AFP


Allergènes

Des restaurateurs dénoncent une « nouvelle entrave» à leur profession

Paris, 29 avr 2015 (AFP) - Le groupement national des indépendants (Gni), qui représente les hôteliers et restaurateurs indépendants, a qualifié mercredi l'obligation d'indiquer la présence d'allergènes dans chaque plat de « nouvelle entrave à l'exercice du métier de restaurateur ».

Un décret publié le 19 avril au Journal officiel impose aux professionnels, et notamment aux restaurateurs, de signaler par écrit la présence de 14 substances provoquant des allergies ou des intolérances dans les denrées alimentaires. Il entre en vigueur le 1er juillet.

« Contrairement à ce que nous avait laissé entendre la ministre Carole Delga (...) le décret sur l'information des consommateurs sur les allergènes est une entrave supplémentaire et extravagante à l'exercice du métier de restaurateur », souligne le Gni dans un communiqué, ajoutant qu'il favorise la restauration de chaîne. « Seuls ceux qui établissent la même carte pour 500 restaurants vont pouvoir se payer un ingénieur chimiste ou un allergologue », dénonce le Gni. « Alors que le gouvernement fait l'apologie du "fait maison", il ouvre avec ce texte un véritable boulevard à l'industrie agroalimentaire seule en mesure de fournir en détail les informations sur les allergènes », a renchéri Claude Daumas, le président délégué du Gni, cité dans le communiqué.

Le syndicat patronal, qui regroupe le Synhorcat et la Fagiht, a demandé que cette information puisse continuer « à être donnée oralement au consommateur par le professionnel ».

AFP

 


Vignes

La Chine est devenue le deuxième vignoble mondial après l'Espagne

Paris, 27 avr 2015 (AFP) - La Chine est devenue en 2014 le deuxième vignoble du monde avec près de 800.000 hectares, derrière l'Espagne et devant la France, a indiqué lundi l'Organisation internationale du vin (Oiv).

Le vignoble chinois qui représentait moins de 4 % des vignes mondiales en 2000 compte aujourd'hui pour près de 11 %, selon l'Oiv. C'est en Chine et en Amérique du Sud principalement que les vignobles continuent de croître, note l'Oiv dans sa présentation.

En revanche, l'Union européenne continue de réduire ses surfaces qui atteignent 3,4 millions d'ha (soit un recul de 21.000 ha). L'Espagne reste largement en tête pour les surfaces cultivées avec plus d'un million d'ha (1,021 million) devant la France (792.000 ha) et l'Italie (690.000) Entre 2008 et 2011, l'Union européenne avait adopté un plan de régulation du potentiel de production qui l'a amenée à diminuer de 94.000 ha en moyenne, chaque année, la surface de ses vignobles. Ces deux dernières années ce sont principalement l'Italie et le Portugal qui ont poursuivi cet effort avec des baisses respectives de moins 15.000 et moins 5.000 ha par an.

En 2014, 104 millions d'hl (hectolitres) de vin ont été exportés à travers le monde soit une hausse de 2,5 % en un an, principalement au bénéfice de l'Espagne (+ 22 % en volumes), premier exportateur mondial devant l'Italie et la France. Le Chili et l'Australie sont respectivement les quatrième et conquième exportateurs mondiaux. La consommation a elle accusé un léger recul, estimée à 240 millions d'hl pour 2014 (soit - 2,4 millions d'hl), les Etats-Unis étant les premiers consommateurs au monde.

AFP

 


Etudes

Les néonicotinoïdes, des produits qui attirent les abeilles

Paris, 22 avr 2015 (AFP) - Des abeilles moins nombreuses, qui nidifient moins, des bourdons qui se reproduisent difficilement... Deux nouvelles études, publiées mercredi dans Nature, sonnent de nouveau l'alerte sur les effets des néonicotinoïdes, d'autant plus délétères que les précieux insectes pollinisateurs semblent plutôt attirés par ces pesticides.

« Les grandes cultures en fleurs sont des sources de nourriture importantes pour les abeilles sauvages, mais elles peuvent se transformer en pièges écologiques si les butineuses sont exposées à des pesticides tels que les néonicotinoïdes », relèvent les auteurs d'une étude menée en Suède, issus de l'université de Lund.

Les chercheurs ont étudié 16 champs de colza, dont la moitié aux semences traitées au clothianidine, et analysé les collectes de pollen et le comportement des insectes. « Le résultat le plus spectaculaire est que les colonies de bourdons n'ont quasiment pas grossi dans les sites traités », explique Maj Rundlof. A la fin de l'expérience, on y dénombrait moins de cocons que dans les pièces non traitées. Autre découverte, les abeilles solitaires ne sont pas retournées dans les nids placés aux abords des champs traités. Elles ont en revanche regagné, dans six cas sur huit, ceux disposés près des parcelles non traitées, commençant à édifier des cellules de couvain. Pourquoi ? « Ca reste à éclaircir, mais une capacité réduite à naviguer est une explication possible ».

Des études précédentes ont montré que des abeilles exposées aux néonicotinoïdes avaient du mal à reconnaître les caractéristiques des fleurs, à s'orienter, à butiner, ce qui conduisait à la disparition de colonies entières. En revanche les chercheurs suédois n'ont, dans leur étude, pas constaté d'impact sur les colonies d'abeilles à miel domestiques. « Cependant le manque d'effets à court terme n'exclut pas l'existence d'effets à long terme », soulignent les chercheurs, qui s'attellent désormais à l'étude de ces impacts sur un avenir plus lointain.

Le débat sur ces produits fait rage entre scientifiques, environnementalistes, apiculteurs, et fabricants de pesticides. Pour David Goulson, biologiste à l'université du Sussex, cette étude est « une avancée majeure dans la clarification du débat ». Notamment parce que c'est « le premier essai » en conditions réelles, a-t-il dit au Science Media Centre de Londres.

Comme la nicotine

Ce rapport trouve une résonance particulière avec la publication d'une autre étude. Selon celle-ci, non seulement les abeilles ne peuvent éviter les fleurs traitées aux néonicotinoïdes, mais il se pourrait bien qu'elles les préfèrent. Certains ont en effet suggéré que soient plantées, à côté des parcelles traitées, d'autres non traitées pour les abeilles. Or ce rapport montre qu'elles n'ont pas vraiment le choix : quand on leur propose une solution de sucrose à côté d'une autre de sucrose associé à un néonicotinoïde, les abeilles mellifères comme les bourdons non seulement ne sont pas repoussés par le second nectar, mais préfèrent se tourner vers lui. « Nous avons une preuve que les abeilles préfèrent manger la nourriture contaminée par des pesticides » souligne Geraldine Wright, de l'université de Newcastle.

Les chercheurs ont utilisé des centaines de bourdons et des milliers d'abeilles à miel qui, en laboratoire, ont pu aller librement sur les deux types de solutions. « Les abeilles n'ont évité aucune des concentrations des trois néonicotinoïdes » proposés, souligne Mme Wright. « Au contraire, elles ont choisi les tubes contenant l'imidaclopride ou le thiamethoxam ». Les abeilles sont également allées vers le clothianidine, même si elles n'ont pas montré de préférence particulière pour lui. Ce n'est pas une question de sensation. Mais, comme la nicotine, « il se peut que les néonicotinoïdes agissent comme une drogue, rendant la nourriture plus gratifiante ». « Je crois que cette expérience montre que ces composants ont un effet pharmacologique sur le cerveau de l'abeille » pointe Mme Wright.

Les abeilles sont frappées depuis des années, notamment en Europe et en Amérique du Nord, par un effondrement de leurs colonies, attribué aux pesticides, mais aussi un virus, ou des champignons, ou un ensemble de facteurs. Formant 80 % des insectes pollinisateurs, elles sont essentielles à la sécurité alimentaire mondiale. En décembre 2013, l'Union européenne a imposé pour deux ans un moratoire partiel sur trois types de néonicotinoïdes.

AFP

 


Alimentation

Le bio, étoile montante de l'industrie agroalimentaire

Paris, 17 avr 2015 (AFP) - Du rêve à la réalité économique : les fabricants de produits bio commencent à représenter un secteur agroalimentaire à part entière, dynamique et créateur d'emplois, même s'il peine encore à satisfaire la demande.

Elles fabriquent du pain, des yaourts, des plats préparés, ou encore des compotes bio : les entreprises qui transforment des produits agricoles bio ont vu leur chiffre d'affaire croître de près de 15 % en 2013 par rapport à 2012, selon les données compilées par le cabinet Asterès pour la fédération Natexbio, qui regroupe 3.000 entreprises du secteur. Au total, ces ventes ont représenté 2,9 milliards d'euros, soit seulement 2 % du chiffre d'affaires global de l'agroalimentaire français.

Mais la croissance de ces entreprises est bien supérieure à celle de l'industrie alimentaire dans son ensemble, dont les ventes n'ont augmenté que de 2 % sur la même période. Bref, « le bio est le secteur le plus dynamique de l'agroalimentaire. Il fait partie de ces secteurs récents dans lesquels on va voir de plus en plus d'emplois », croit fermement l'économiste Nicolas Bouzou, qui a dirigé l'étude portant sur un millier d'entreprises certifiées bio.

Sur la période étudiée, le nombre d'employés des entreprises bio a grimpé de 3 % (principalement en Cdi), alors qu'il reculait dans l'agroalimentaire classique. Si ce secteur émergent manque encore de visibilité, c'est parce qu'il n'est « pas couvert par les statistiques officielles de l'Insee, basées sur une nomenclature des années 50-60 », estime Nicolas Bouzou. Mais « d'une pensée militante, la bio est devenue un marché contribuant à la richesse nationale », considère la fédération Natexbio, qui recense 1.500 entreprises de transformation agricole bio en France.

L'Association nationale des industries alimentaires (Ania) confirme d'ailleurs regarder de près ce qui se passe dans le bio, car bien qu'encore « marginal » à ses yeux, il « gagne des parts de marché » et peut servir de « levier d'action » vers les consommateurs.

Des atouts face à la guerre des prix

Sous l'effet de ce dynamisme, de « vrais acteurs » de la transformation bio commencent à émerger, avec une offre innovante, « même s'ils n'ont pas encore le poids d'un Danone » dans un secteur peuplé surtout de Pme/Tpe, souligne Benoît Soury, président de Natexbio et directeur général du réseau de magasins La Vie Claire.

Parmi ces entreprises, le groupe Ekibio/Léa Nature, qui emploie plus d'un millier de salariés en France, pour un chiffre d'affaires d'environ 200 millions d'euros en 2014 (incluant des produits non agricoles comme les cosmétiques). Ou encore Distriborg, avec la marque Bjorg.

Mais alors que la consommation de produits bio a grimpé de 10 % entre 2013 et 2014, ces sociétés peinent encore à satisfaire la demande. « Il y a un goulot d'étranglement au niveau des surfaces agricoles bio, qui ne progressent pas assez vite », analyse Nicolas Bouzou. Il faut aussi des investissements de capacité, car le secteur est en « sous-capacité de production, c'est rare ». 5,5 % des surfaces agricoles et 1,1 million d'hectares sont, en France, cultivés en bio. C'est la 3e surface bio d'Europe après l'Espagne et l'Italie.

Autre bémol, l'effritement des marges réalisées par les boîtes bio, « car il y a beaucoup de nouveaux entrants et de concurrence », sans oublier la « pression sur les marges » de la grande distribution, rappelle l'économiste. Mais face à la guerre des prix régulièrement dénoncée par l'agroalimentaire, le bio a des atouts. « Il y a une pénurie d'offre, donc si la grande distribution fait la fine bouche, le producteur peut dire non et se tourner vers un magasin spécialisé », explique Benoît Soury. En focalisant l'attention sur le produit et moins sur le prix, le bio « permet de desserrer l'étau dans la négociation » avec la grande distribution, confirme l'Ania. Mais même si l'avenir s'annonce souriant, Benoît Soury « ne rêve pas d'une transformation totale » de l'agroalimentaire en bio. « Cela tuerait nos productions. Il y a une vraie convergence des acteurs pour rester sur du bio exigeant », assure-t-il.

AFP

 

Mortalité des abeilles

La recherche mobilisée

Le taux de mortalité des abeilles inquiète. Les recherches pour tenter d'en comprendre les causes sont nombreuses. L’Inra rapporte les résultats des travaux menés jusqu'en 2014 par l’ensemble de ses unités dans un dossier intitulé "Les chercheurs volent au secours des abeilles". L'Anses de son côté a organisé en fin d'année dernière une journée d’échanges sur le thème "Santé des abeilles : la surveillance aujourd'hui, les perspectives pour demain".

 

zoom

L'Inra Paca a mis au point un compteur permettant de connaître le nombre d'abeilles dans la ruche, les heures d'entrée et de sortie ou l'espérance de vie de certains individus marqués. (©Inra)

La mortalité hivernale dans les ruches inquiète : entre 20 et 30 % en France, autour de 40 % pour la Belgique et la Suède. Exposition aux produits phytos, pathogènes, prédateurs invasifs, et plus sûrement la synergie entre ces trois facteurs, ne ménagent pas les abeilles. L'uniformisation des paysages agricoles est également un facteur du déclin des abeilles car elle les prive d'une alimentation constante, accessible et variée. Or, 35 % de ce que nous mangeons dépend directement du travail des butineuses. D'après l'Inra, 84 % des espèces cultivées en Europe dépendent de la pollinisation par les insectes. Elle permet d'augmenter les rendements et d'améliorer la qualité des récoltes. En 2009, l'Inra Paca a estimé la valeur du service « pollinisation » au niveau mondial à 153 milliards d'euros et 2,8 milliards d'euros pour la France.

Le projet Epilobee, cofinancé par la Commission européenne et piloté par le laboratoire de l'Anses de Sophia-Antipolis, est dédié à la surveillance de la mortalité des abeilles dans 17 Etats membres. Le premier volet du projet a permis de collecter un grand nombre de données qui vont être analysées afin d'identifier les liens statistiques entre la mortalité des colonies et d'autres paramètres (maladies, environnement des ruchers, produits vétérinaires...). Ces résultats permettront de proposer des travaux de recherche et de surveillance couvrant au mieux l'ensemble des facteurs de stress agissant sur la santé des abeilles. En parallèle, la Direction générale de l'alimentation (Dgal) propose la surveillance des mortalités aiguës des abeilles pour améliorer la détection des causes de celles-ci.

Prédateurs redoutables

Il existe une trentaine de pathogènes, prédateurs et parasites qui s'attaquent aux ruches. Le danger vient surtout de ceux d'origine lointaine qui trouvent en Europe un milieu riche en nourriture et pauvre en ennemis naturels. C'est le cas notamment des frelons à pattes jaunes répertorié sur la liste des dangers sanitaires pour les abeilles depuis 2012. L'Inra de Bordeaux a mis au point une application mobile permettant de signaler l'observation du frelon. Ce projet participatif a pour objectif de déterminer les zones préférées du frelon, ses lieux de nidification et ses habitudes, pour mieux le combattre.

Les produits phytosanitaires sont régulièrement mis en cause dans le déclin des abeilles. À faible dose, sans aller jusqu'à la mort, ils peuvent compromettre la survie de la colonie. Certains effets ont été reconnus : altération de la communication, décoordination dans le battement des ailes, moindre capacité à maintenir leur température corporelle constante, anomalies dans le développement larvaire, dommages sur les antennes...

Si deux facteurs de stress peuvent avoir séparément un effet limité sur la colonie, le plus grand défi des chercheurs consistent aujourd'hui à comprendre comment les interactions entre divers facteurs peuvent mettre en péril les abeilles.

En tentant d'établir un lien entre la surmortalité des colonies et le milieu dans lequel elles vivent, les chercheurs de l'Inra et l'Anses souhaitent remettre l'écologie de l'abeille au cœur du débat.

TNC

 

Miel

Des apiculteurs en route pour un don d'essaims en Ariège

Paris, 27 mars 2015 (AFP) - Des apiculteurs de toute la France ont pris la route vendredi pour l'Ariège, afin d'apporter des essaims à cette région touchée par des mortalités massives d'abeilles, alors que la production de miel est au plus bas depuis 20 ans en France.

Des voitures chargées de collecter sur leur route les essaims des 70 apiculteurs donateurs sont parties du nord-est, de l'ouest, du sud-ouest et du sud-est de la France. « Nous avons chargé des essaims en Alsace et à Beaune, nous nous arrêterons aussi à Nîmes », a expliqué à l'Afp Nicolas Gy, parti du Nord-Est et membre de la Confédération paysanne, syndicat agricole minoritaire à l'origine de l'opération, avec la Fédération française des apiculteurs professionnels (Ffap).

Au total, environ 200 essaims devraient être remis tôt samedi matin aux apiculteurs ariégeois, entre les communes de Fabas et Cérizols. L'association Sol'Abeille sera ensuite chargée de mutualiser les essaims pour relancer des colonies d'abeilles.

Cette opération inédite est le résultat d'un appel aux dons lancé en novembre après l'hécatombe exceptionnelle qui avait touché les ruches de l'Ariège et des Pyrénées Orientales à l'hiver 2013-2014. Les analyses effectuées depuis ont montré « des traces de molécules contenues dans des produits anti-parasitaires » pour le bétail, utilisés dans le cadre de la lutte contre la fièvre catarrhale ovine (Fco), a expliqué à l'Afp Alain David, coordinateur de la Ffap.

La production de miel en France en 2014 a baissé d'un tiers par rapport à l'année précédente pour tomber à environ 10.000 tonnes, le niveau le plus bas depuis 20 ans. La France et l'Europe sont en déficit d'abeilles, en raison d'une surmortalité des colonies, liée à une dégradation de leur environnement et à l'utilisation de pesticides, jugés par les apiculteurs comme l'une des causes majeures de leur disparition.

AFP

 

Etude

Près de 10 % des espèces d'abeilles sauvages menacées d'extinction en Europe

Bruxelles, 19 mars 2015 (AFP) - Près de 10 % des quelque 2.000 espèces sauvages d'abeilles européennes sont menacées d'extinction, et 5 % supplémentaires le seront dans un futur proche si rien n'est fait, selon un rapport rendu public jeudi par la Commission européenne.

Réalisée par l'Union internationale pour la conservation de la nature (Uicn), cette étude est la première portant sur l'évolution des populations d'abeilles sauvages européennes, moins connues que leurs congénères domestiques mais tout aussi indispensables à la production végétale.

Ses auteurs soulignent « un alarmant manque » d'expertise concernant les 1.965 espèces recensées, sur 58 % desquelles les données manquent. S'ils n'ont pu clairement identifier que 77 espèces comme menacées d'extinction, ils estiment, en croisant les éléments à leur disposition, que le nombre réel frôle les 200.

« Alors que les abeilles jouent un rôle essentiel pour polliniser nos récoltes », ce rapport prouve « l'urgence à investir dans la recherche » pour lutter contre leur déclin, selon l'Uicn. « Si nous ne nous attaquons pas aux causes du déclin des abeilles sauvages, et n'agissons pas de manière urgente pour y faire face, nous pourrions payer un prix très lourd », a mis en garde le commissaire européen à l'Environnement, Karmenu Vella, cité dans un communiqué.

Selon l'Uicn, dont l'étude a été cofinancée par la Commission, 84 % de la production végétale destinée à la consommation humaine en Europe dépend de la pollinisation assurée par les insectes, dont les abeilles et bourdons.

Parmi les principales menaces pesant sur les abeilles, l'étude pointe la perte de biodiversité végétale, résultat de l'agriculture intensive et de l'usage de produits phytosanitaires. Elle est désignée comme responsable de la quasi-disparition dans certains pays européens de l'espèce Andrena transitoria, auparavant répandue de la Sicile à l'Ukraine.

Autre menace majeure, le réchauffement climatique, qui affecte en particulier les bourdons, dont le quart des espèces est menacé d'extinction. L'étude incrimine aussi l'urbanisation et la multiplication des incendies comme facteurs du déclin des abeilles sauvages.

L'Agence européenne de sécurité des aliments avait appelé l'UE il y à un an à redoubler d'efforts scientifiques pour parer à l'hécatombe des abeilles, déplorant notamment une « pénurie de travaux sur les abeilles autres que mellifères ».

AFP

 

Loi biodiversité

Les néonicotinoïdes interdits à compter du 1er janvier 2016

L'Assemblée Nationale a adopté un amendement à la loi biodiversité demandant l'interdiction de toute substance insecticide de la famille des néonicotinoïdes à partir de 2016.

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Les néonicotinoïdes restent en ligne de mire s'agissant des mesures visant à préserver la santé des abeilles et bourdons. (©TNC)

Les députés ont voté jeudi 19 mars 2015 un amendement des socialistes Delphine Batho et Gérard Bapt, réclamant l'interdiction à partir du 1er janvier 2016 de l'usage des insecticides néonicotinoïdes, dans le cadre de la loi biodiversité. Un vote contre l'avis du gouvernement, défavorable à la mesure au motif notamment que « le cadre européen ne permet pas une interdiction stricte », selon la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal.

L'interdiction des députés français vise désormais toute la famille des néonicotinoïdes, « pour éviter que l'industrie ne substitue des produits cousins après le retrait d'un produit précis », expliquent les auteurs de l'amendement.

La volonté d'interdiction en 2016 doit cependant être suivie par les membres du Sénat alors que le 4 février, une grande majorité de sénateurs avait rejeté la proposition de résolution du sénateur Joël Labbé, proposant un moratoire sur les pesticides néonicotinoïdes en France et au niveau européen.

Réactions

Générations Futures

L'adoption de cette interdiction de « l'usage des produits phytosanitaires de la famille des néonicotinoïdes [...] à compter du 1er janvier 2016 » est une bonne nouvelle. Il faudra cependant s'assurer que cet amendement ne soit pas revu lors du passage au Sénat et amendé avec de possibles dérogations. D'autres articles sont encore à débattre notamment l'article 51 concernant le date d'entrée en vigueur de l'interdiction des pesticides en milieu urbain. Nous espérons aussi une bonne surprise sur ce point.

Fondation Nicolas Hulot

La Fondation Nicolas Hulot salue ces avancées, tout en ayant bien conscience des questionnements que pose la mise en place d'un tel moratoire national. Au gouvernement maintenant de traduire ce cap ambitieux en actes.

Bayer CropScience

Frank Garnier, directeur général de Bayer CropScience en France : « L'adoption de cet amendement est malheureusement un nouvel exemple de la volonté de surrèglementation du gouvernement français qui frappe la profession agricole. Je reste persuadé de l'utilité de nos produits, et notamment les néonicotinoïdes, pour les agriculteurs mais plus globalement pour la compétitivité de la Ferme France. De nombreuses études s'accordent sur le fait que la mauvaise santé des abeilles vient de causes multifactorielles et ne peut être seulement imputée à l'utilisation des pesticides en agriculture. Nous n'avons pas attendu la situation préoccupante de ces dernière années pour nous engager dans l'amélioration de la santé des abeilles. Nous participons depuis plus de 20 ans en collaboration avec la communauté scientifique et les autorités au développement de solutions. Nous appelons de nos vœux une décision basée sur des faits scientifiques et vérifiés et sommes confiants que les responsables politiques, au-delà de la dimension émotionnelle, sauront faire preuve de bon sens durant l'examen du texte de loi au Sénat, puis lors de la deuxième lecture. »

TNC

 

Apiculture

La production de miel en France au plus bas depuis 20 ans

Paris, 19 mars 2015 (AFP) - La production de miel en France en 2014 a baissé d'un tiers par rapport à l'année précédente pour tomber à environ 10.000 tonnes, le niveau le plus bas depuis 20 ans, informe jeudi l'Union nationale des apiculteurs français (Unaf) qui pointe encore du doigt les insecticides.

En 1995, plus de 32.000 tonnes avaient été récoltées. Depuis, la production annuelle ne cesse de baisser, les colonies enregistrant des mortalités très élevées causées par certains pesticides et parasites comme le frelon asiatique, ainsi que par la perte d'une partie de leur habitat provoquée par la monoculture intensive.

En 2014, des conditions météorologiques « catastrophiques pour les abeilles », selon l'Unaf, ont encore aggravé leur mortalité. Celle-ci a atteint 50 à 80 % dans les grandes régions de production comme Provence-Alpes Côte d'Azur, Rhône-Alpes, Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon.

La baisse de la production en 2014 a paradoxalement été accompagnée par un regain d'intérêt pour l'apiculture, qui se traduit par une hausse du nombre d'apiculteurs, plutôt amateurs, et de ruches, évaluées désormais entre 1,25 et 1,3 million. L'Unaf, la plus importante association de professionnels du secteur, estime que le plan de soutien à l'apiculture, lancé en 2013, « parait bien dérisoire et ne répond en aucune manière aux préoccupations urgentes des apiculteurs qui luttent pour leur survie ».

L'organisation demande des « aides financières exceptionnelles ». Les apiculteurs réclament une interdiction plus large de certains insecticides mis en cause dans le dépérissement des colonies, ainsi que des mesures renforcées contre des parasites. Les insecticides néonicotinoïdes sont particulièrement visés. Quatre molécules de cette classe font l'objet d'une interdiction temporaire dans l'Union européenne depuis juillet 2013 pour l'enrobage des semences, le traitement de sol et en pulvérisation sur certaines cultures. « Cette décision est non négligeable mais elle n'est malheureusement pas suffisante », dit l'Unaf car « ni les céréales à paille semées en hiver, ni les betteraves, ni les traitements en forêt ne sont concernés par cette interdiction ».

« En France, environ un tiers des céréales à paille est traité avec les néonicotinoïdes, alors que ces mêmes cultures sont utilisées en rotation avec du tournesol, très attractif pour les abeilles », explique l'Unaf. Par ailleurs, « d'autres substances très dangereuses pour les abeilles restent sur le marché, telles le thiaclopride ou l'acétamipride, toutes deux de la famille des néonicotinoïdes », souligne-t-elle. La lutte contre le frelon asiatique est jugée insuffisante et les professionnels s'inquiètent de la présence sur le sol français d'un autre parasite, le Cynips du châtaignier, venu de Chine, de plus en plus répandu.

AFP

 


DDPP / DD(CS)PP DAAF DRAAF

Le technicien sanitaire apicole ( TSA)

remplace l'agent spécialisé en pathologie apicole (ASA)

L'article L. 243-3 du code rural et de la pêche maritime a été modifié comme suit : - suppression des dispositions relatives aux agents spécialisés en pathologie apicole (ASA) qui intervenaient sous la responsabilité de l'autorité du Préfet dans la lutte contre les maladies des abeilles ; - ajout d'un nouvel acteur, le technicien sanitaire apicole (TSA), autorisé sous certaines conditions à effectuer des actes de médecine vétérinaire sans pour autant exercer illégalement la profession de vétérinaire.

La présente instruction détaille les conditions dans lesquelles les TSA peuvent effectuer certains actes de médecine vétérinaire.

Textes de référence :

- Loi n° 2014-1170 du 13 octobre 2014 d'avenir pour l'agriculture, l'alimentation et la forêt – article 47 ; - Article L. 243-3 du code rural et de la pêche maritime ; - Arrêté du 16 janvier 2015 modifiant l'arrêté du 5 octobre 2011 fixant la liste des actes de médecine ou de chirurgie des animaux que peuvent réaliser certaines personnes n'ayant pas la qualité de vétérinaire.

L'article 47 de la loi n°2014-1170 du 13 octobre 2014 d'avenir pour l'agriculture, l'alimentation et la forêt a modifié l'article L. 243-3 du code rural et de la pêche maritime relatif à l'exercice illégal de la médecine et la chirurgie des animaux.

Les modifications apportées par la loi sont les suivantes : - suppression des dispositions relatives aux agents spécialisés en pathologie apicole. Ces agents, dénommés ASA, intervenaient sous la responsabilité du Préfet dans la lutte contre les maladies des abeilles ; - ajout d'un nouvel acteur, le technicien sanitaire apicole (TSA), autorisé sous certaines conditions à effectuer des actes de médecine vétérinaire sans pour autant exercer illégalement la profession de vétérinaire.

  • Ces modifications sont entrées en vigueur le 15 octobre 2014. En conséquence, depuis cette date, les ASA n'ont plus d'existence légale.

L'article L. 243-3-13° précise que : « (…) des actes de médecine ou de chirurgie des animaux peuvent être réalisés par (…) les techniciens sanitaires apicoles, justifiant de compétences adaptées définies par décret, intervenant sous l'autorité et la responsabilité d'un vétérinaire pour des actes précisés par arrêté. »

L'article 47 de la la loi n°2014-1170 du 13 octobre 2014 prévoit une mesure transitoire pour les compétences à justifier par les TSA : « II – Les agents habilités en applications du 3° de l'article L. 243-3 du code rural et de la pêche maritime, dans sa rédaction antérieure à l'entrée en vigueur de la présente loi (c'est-à-dire les ASA), sont réputés détenir les compétences adaptées mentionnées au 13° du même article L. 243-3, dans sa version résultant de la présente loi, jusqu'à une date fixée par le décret qu'il prévoit et au plus tard jusqu'au 31 décembre 2017.

Ainsi, tous les anciens ASA sont réputés compétents pour effectuer les actes des TSA et ce, jusqu'à la date d'entrée en application du décret qui en fixera les compétences. Ce décret devra entrer en application au plus tard le 31 décembre 2017. Un projet de décret est en cours d'élaboration.

Il en résulte que tous les anciens ASA qui le souhaitent et qui sont sous l'autorité et la responsabilité d'un ou plusieurs vétérinaires sont autorisés à effectuer les actes de médecine vétérinaire listés dans l'arrêté du 16 janvier 2015 modifiant l'arrêté modifié du 5 octobre 2011 fixant la liste des actes de médecine ou de chirurgie des animaux que peuvent réaliser certaines personnes n'ayant pas la qualité de vétérinaire.

Les actes de médecine vétérinaire que peuvent effectuer les TSA sont : - le recueil de signes cliniques et lésionnels affectant les colonies d’abeilles, y compris le recueil des commémoratifs relatifs à leur état de santé ; - les prélèvements biologiques à visée diagnostique ou zootechnique ; - le traitement des colonies d’abeilles par transvasement ou au moyen de médicaments prescrits par le vétérinaire sous l’autorité et la responsabilité duquel le TSA intervient.

S'agissant de la relation entre le TSA et le vétérinaire sous l’autorité et la responsabilité duquel le TSA intervient, l'arrêté modifié du 5 octobre 2011 précise : «Le technicien sanitaire apicole prend ses instructions auprès du vétérinaire sous l’autorité et la responsabilité duquel il intervient et lui rend compte de ses interventions. ».

Sur le plan réglementaire : - le TSA est libre de contacter le ou les vétérinaires de son choix pour proposer ses services ; - il n'y a pas de restriction sur le nombre de vétérinaires sous l’autorité et la responsabilité desquels un TSA se place ; - le vétérinaire est libre de recourir ou pas aux services d'un ou plusieurs TSA, dans la limite d'un nombre lui permettant d'assurer ses devoirs vis-à-vis des TSA dont il endosse la responsabilité des actes ; - l'apiculteur est libre de préférer les services d'un vétérinaire plutôt que d'un TSA ; - le diplôme et le titre de Docteur Vétérinaire sont suffisants pour encadrer un ou plusieurs TSA. En revanche, ce vétérinaire doit être autorisé à exercer la médecine et la chirurgie des animaux, c'està-dire être inscrit à l'Ordre des vétérinaires.

Les modalités de la relation entre le TSA et le vétérinaire ne feront pas l’objet d’un texte réglementaire ou d’une instruction. En revanche, la profession vétérinaire s'est proposée pour rédiger avec les représentants des organisations professionnelles apicoles un document cadre pour préciser ces modalités afin que vétérinaires et TSA puissent les reprendre s'ils le souhaitent.

Je vous serai reconnaissant de bien vouloir informer les vétérinaires et les anciens ASA de votre département du contenu de cette instruction.

Vous voudrez bien me tenir informé des difficultés éventuellement rencontrées dans l’application de cette instruction.

Le Directeur Général de l'Alimentation

Patrick DEHAUMONT


Rapport de l'Efsa

Des résidus de pesticides dans près de la moitié des aliments européens

Bruxelles, 12 mars 2015 (AFP) - Des résidus de pesticides sont présents dans près de la moitié des denrées consommées en Europe, mais pour la plupart dans les limites légales et probablement sans effet sur la santé, a indiqué jeudi l'Autorité européenne de sécurité des aliments.

Rendant compte d'analyses menées en 2013 pour contrôler la présence de 685 pesticides sur 81.000 échantillons de fruits et légumes, aliments transformés et vins, l'Efsa conclut que 45 % de l'alimentation européenne contient des résidus de pesticides. Seuls 1,5 % des échantillons « dépassaient nettement les limites légales », affirme l'Efsa, avec une nette différenciation entre les produits issus de pays tiers, où ce pourcentage atteignait 5,7 %, et ceux provenant de l'UE, où il se situait à 1,4 %. La part de produits dépassant les limites légales était en recul par rapport à la dernière mesure réalisée par l'Efsa, en 2010.

Pour l'agence, il est « improbable que la présence de résidus de pesticides dans les aliments ait un effet à long terme sur la santé des consommateurs ». Sur le court terme, le risque pour les citoyens européens d'être exposés à des concentrations nocives de résidus par le biais de leur alimentation est aussi considérée comme « faible ». « Cette affirmation est clairement erronée et non scientifique », a objecté dans un communiqué l'Ong Pan (Réseau pesticides action Europe).

L'Ong reproche à l'Efsa de ne pas user « de bonnes méthodes pour évaluer la toxicité » des pesticides, en particulier les effets de l'exposition cumulée et durable à ces substances, et dénonce des seuils légaux trop élevés. « Le rapport confirme que l'alimentation en Europe est sûre », et « témoigne des efforts faits par les agriculteurs et l'industrie » en ce sens, s'est à l'inverse félicitée l'Association de protection des récoltes (Ecpa), qui représente l'industrie des pesticides. Des résidus de plusieurs pesticides étaient présents dans 27,3 % des échantillons, tandis que les produits biologiques ne sont pas épargnés, avec 15 % des échantillons analysés contenant des résidus, et 0,8 % au delà des limites légales, selon l'Efsa. Les fraises, suivies des pêches, pommes et laitues, sont les plus chargées en résidus. Les fraises et laitues arrivent aussi en tête en matière de violation des limites légales, avec respectivement 2,5 % et 2,3 % des échantillons testés.

AFP

 


Baisse de l’aide à l’agriculture bio

« La douche froide, le coup de massue » pour les producteurs engagés

« Alors que l'on travaillait depuis 2 ans avec le gouvernement pour doubler les surfaces en bio, l'annonce d'une coupe franche de 25 % sur les aides au maintien pour la récolte 2014 fait l'effet d'une douche froide » : les agriculteurs engagés en production biologique dénoncent la mesure.

Suite à la publication d'un arrêté réduisant de 25 % les aides au maintien à la production biologique, les producteurs engagés en bio sont d'autant plus en colère que « ces aides seront versées avec trois mois de retard. »

« Ce signal politique est incohérent pour une agriculture qui concilie production alimentaire de qualité et respect de l'environnement et qui est au cœur de l'agro-écologie pourtant si chère à notre ministre, expliquent les représentants de la Fnab, l'Apca, l'Agence bio et le Synabio. Les acteurs de la filière, producteurs, coopérateurs et opérateurs, réagissent et appellent le gouvernement à trouver une solution. »

« Vous êtes en bio ? Ça sera -25% pour 2014 »

« Alors que les agriculteurs attendaient un paiement depuis décembre 2014 qui prévoyait bien le versement des aides sans restriction, le ministère avait annoncé un règlement en date du 5 mars. De nombreux agriculteurs ont reçu un courrier à cette date précisant le montant de leurs aides mais sans paiement. Deux jours plus tard et sans aucune information, 25 % des aides à l'agriculture biologique sont supprimées. »

« Face à ces contradictions, les agriculteurs biologiques se sentent floués et expriment leur incompréhension et leur colère. Les acteurs de la filière avaient cependant alerté le ministère à plusieurs reprises (en 2010 puis en 2012) sur les risques d'insuffisance budgétaire en fin de période. Malgré nos alertes et simulations, le ministère avait maintenu son chiffrage insuffisant, résultat : 117 millions d'euros de demandes en 2014 contre 103 millions de budget et une diminution inédite des aides de 25% ! »

« Vous voulez rester en bio en 2015 ? On fera ce qu'on pourra ! »

« Dans ce contexte, comment ne pas s'inquiéter du passage des aides à la bio sur le second pilier ? Les dispositifs seront alors financés à 75 % par l'Europe et 25 % par l'Etat. Or de nombreuses régions, autorités de gestion, n'ont pas attribué les moyens suffisants pour les aides au maintien, voire les aides à la conversion, réussissant à mettre des centaines de producteurs bio dans la rue, inquiets pour l'économie de leurs exploitations et l'absence de reconnaissance des services agro-environnementaux rendus par leur système de production. Si le 2e pilier de la Pac permet des ajustements entre des lignes, à l'inverse du 1er pilier, les producteurs bio seront encore dépendants d'arbitrages budgétaires, avec la seule garantie de l'incertitude !

« Alors que les pratiques des agriculteurs bio et leur maintien sont les leviers incontournables d'une transition agroécologique réussie et aboutie, quels moyens assureront, dès 2015, le développement de l'agriculture biologique en réponse aux besoins?

Des efforts sont faits et seront poursuivis par les opérateurs agricoles pour développer et structurer les filières biologiques, et les rendre « moins dépendantes » de ces aides, malheureusement cette décision déstabilise ce travail et ces efforts. Le Ministre de l'agriculture doit maintenant trouver une solution pour mettre en cohérence les paroles et les actes. »

TNC

 


Produits alimentaires

Le Sénat supprime la date limite d'utilisation optimale

PARIS, 17 fév 2015 (AFP) - Le Sénat a supprimé mardi la date limite d'utilisation optimale (Dluo) sur les produits alimentaires non périssables, différente de la date limite de consommation, afin de limiter le gaspillage alimentaire.

« La date limite d'utilisation optimale est souvent source de confusion pour le consommateur qui l'apparente à une date limite de consommation », a souligné Eveline Didier (Crc, Communiste, républicain et citoyen) qui a déposé un amendement en ce sens dans le cadre de l'examen de la loi sur la transition énergétique. « D'une part, cela conduit à jeter des produits encore consommables, favorisant ainsi le gaspillage alimentaire. D'autre part, cette mention ne présente pas d'intérêt sanitaire », a-t-elle ajouté.

« D'accord sur le principe, la date limite d'utilisation optimale est en effet source de confusion », a reconnu le rapporteur Louis Nègre (Ump). Mais il a opposé un avis défavorable, cette mention relevant du droit communautaire. Pour Jean-Louis Masson (non inscrit), « plutôt qu'une interdiction, rendons cette mention facultative ». « Le consommateur doit pouvoir connaître la qualité », a-t-il ajouté.

« Les laboratoires l'ont prouvé, un yaourt peut être consommé trois semaines après sa date limite d'utilisation optimale », a relevé pour sa part la ministre de l'environnement Ségolène Royal en prônant un compromis. « Il y a là une source de gaspillage et de prélèvement sur le pouvoir d'achat des ménages », a-t-elle souligné.

Le projet de loi, déjà adopté par l'Assemblée nationale, est examiné au Sénat jusqu'au 19 février. Il fera l'objet d'un vote solennel le 3 mars.

AFP


Interpol

Saisie de 2.500 tonnes d'aliments frelatés dans 47 pays

Lyon, 16 fév 2015 (AFP) - De la mozzarella, des fraises, des œufs, de l'huile de friture ou des fruits secs : plus de 2.500 tonnes d'aliments frelatés ou contrefaits ont été saisis à travers 47 pays lors d'une opération menée conjointement par Interpol et Europol, a annoncé l'organisation policière internationale lundi.

L'opération Opson IV a débouché sur plusieurs arrestations dont le nombre exact n'a pas été précisé par Interpol et des investigations se poursuivent, a ajouté dans un communiqué Interpol, dont le siège est à Lyon. Fonctionnaires de police, des douanes, agents en charge de la sécurité alimentaire ou entreprises du secteur privé ont ciblé des magasins, des marchés, des aéroports, des ports ou des zones industrielles lors de cette vaste opération menée en décembre et janvier.

En Italie, les autorités ont ainsi saisi 31 tonnes de fruits de mer qui avaient été congelés puis plongés dans une substance chimique contenant de l'acide citrique, du phosphate et du peroxyde d'hydrogène, soit de l'eau oxygénée, avant qu'ils ne soient présentés comme « frais ».

En Thaïlande, 85 tonnes de viande importées illégalement ont été détruites et 20.000 litres de whisky ont été saisis. Près de 275.000 litres de boissons ont été saisis au total au cours de l'opération Opson IV dont une grande majorité d'alcool de contrefaçon.

Au Royaume-Uni, une usine fabriquant de la fausse vodka a notamment été démantelée.

« La nourriture et les boissons frelatées et de mauvaise qualité sont une menace réelle pour la santé et la sécurité. Des gens prennent des risques importants et parfois meurent à cause de l'avidité de criminels dont le seul souci est le profit », a commenté Michael Ellis, chef de l'unité dédiée à la lutte contre le trafic de marchandises illicites au sein d'Interpol, cité dans le communiqué.

AFP


« LUNE DE MIEL »

Les miels Michaud créent une fondation pour sauver les abeilles et leur activité

Gan (France), 10 fév 2015 (AFP) - Petite entreprise familiale devenue numéro un du miel en Europe, la société Michaud est confrontée comme tous les apiculteurs français à la raréfaction des abeilles, menacées notamment par les produits phytosanitaires. Pour préserver les abeilles, et assurer la pérennité de son activité, elle a lancé sa fondation, "Lune de Miel".

Avec un chiffre d'affaires de 114 millions d'euros en 2013 et une croissance annuelle à deux chiffres depuis 1990, la société "Famille Michaud", presque centenaire et installée sur les coteaux de Gan (Pyrénées-Atlantiques), près de Pau, produit aujourd'hui 40.000 pots de miel toutes les heures.

Mais Michaud a de plus en plus de mal à se fournir dans l'Hexagone, dont la production s'effondre : elle est passée de 32.000 tonnes en 1995 à moins de 10.000 tonnes en 2014. « Les 500 apiculteurs français couvrent seulement un quart de nos besoins. Les trois quarts de notre production sont importés de Hongrie, d'Espagne, du Portugal ou d'Argentine », indique à l'Afp Vincent Michaud, pdg de l'entreprise.

En France comme ailleurs, la surmortalité des abeilles est due à différents facteurs « dont l'utilisation massive de pesticides », rappelle Vincent Michaud, qui pointe du doigt l'usage des « néonicotinoïdes ». « Contrairement aux pesticides pulvérisés, qui s'éliminent assez rapidement en raison des pluies et de la croissance des végétaux, les néonicotinoïdes, eux, sont présents en permanence dans toutes les parties de la plante et pendant toute sa durée de vie puisqu'ils sont véhiculés par la sève à partir de la graine », tempête-t-il.

En 2013, trois substances néonicotinoïdes ont été provisoirement interdites au niveau européen pour deux ans pour certaines cultures (maïs, colza, tournesol et coton). Mais d'autres molécules de la même famille restent autorisées et l'interdiction ne concerne pas les céréales d'hiver. Ce moratoire avait été décidé à la suite d'un avis de l'agence européenne sanitaire (Efsa) qui avait reconnu que certains néonicotinoïdes étaient dangereux pour les abeilles, dont les taux de mortalité sont en forte hausse (30 %).

Faire des émules

Pour assurer la survie de son activité, la famille Michaud a créé en avril 2014 sa fondation "Lune de Miel", destinée à soutenir des projets liés à la préservation de l'abeille et à la sauvegarde de l'apiculture. Placée sous l'égide de la Fondation de France, "Lune de Miel" est dotée d'un budget initial de 500.000 euros, à raison de 100.000 euros par an. Une somme modique au regard du chiffre d'affaires de l'entreprise (0,5 % environ) mais censée montrer l'exemple et faire des émules. « L'objectif est que cette somme, directement versée par l'entreprise, soit complétée par d'autres financeurs », déclare Alice Gaboriau, responsable marketing.

Quatre projets sur les quinze reçus ont été retenus en 2014 pour un financement total de 52.970 euros, soit à peine un peu plus de la moitié du budget prévu. « Le démarrage de "Lune de miel" n'a eu lieu qu'en cours d'année, le solde est reporté sur les années suivantes », assure Bernard Saubot, responsable du développement apicole chez Michaud.

L'Institut technique et scientifique de l'apiculture et de la pollinisation (Itsap) à Paris a bénéficié du plus gros financement : 34.000 euros sur deux ans pour un programme de recherche sur les effets des produits phytosanitaires sur le retour à la ruche des butineuses, et 14.000 euros pour un programme portant sur l'évaluation des causes d'affaiblissement des colonies d'abeilles en fin de saison et durant l'hiver.

Le Rucher Ecole du Béarn, dont les ruches ont été emportées par une crue du Gave, a touché 2.300 euros et le Rucher pédagogique de Châtillon-sur-Chalaronne (Ain) 2500 euros. Des aides qui échappent pour l'instant à deux apiculteurs amateurs d'Itxassou (Pyrénées-Atlantiques), Michel Setoain et Fred Forsans, qui tentent de préserver une espèce locale, l'abeille noire du Pays Basque, face à l'arrivée massive d'abeilles hybrides. Le projet présenté par leur association, "Erle Beltza" ("abeille noire" en basque), a été rejeté par la fondation Michaud, qui l'a jugé « trop limité à une micro-population ».

AFP

 


Cultures intermédiaires

Les abeilles préfèrent la moutarde brune

Le groupe Soufflet teste, en collaboration avec le Réseau Biodiversité pour les Abeilles, l’intérêt des fleurs de ses compositions de Cipan pour les abeilles. Les résultats confirment ceux de l’an passé : les butineuses plébiscitent la moutarde brune.

Les abeilles ont besoin d'un bol alimentaire de qualité disponible tout au long de l'année. En arrière-saison, les cultures intermédiaires jouent donc un rôle non négligeable car c'est à cette période que les colonies font leurs réserves pour passer l'hiver dans de bonnes conditions. La communauté scientifique s'accorde d'ailleurs à dire qu'une bonne alimentation à cette période de l'année permet de réduire significativement les mortalités hivernales. C'est dans ce contexte que le groupe Soufflet et le Réseau Biodiversité pour les Abeilles mènent des expérimentations en plein champ pour identifier les espèces végétales les plus attractives pour les abeilles domestiques et les pollinisateurs sauvages parmi celles utilisées dans les cultures intermédiaires.

Les cultures intermédiaires, obligatoires dans les zones vulnérables, permettent d'améliorer la fertilité des sols et de respecter les ressources en eau mais représentent aussi de véritables garde-manger potentiels pour les abeilles. En raison de son faible coût et son développement rapide, la moutarde blanche est l'espèce la plus utilisée par les agriculteurs. « Pourtant, les résultats d'essais montrent 10 fois plus de pollinisateurs sur la moutarde brune que sur la moutarde blanche. Et 86 % des pollinisateurs observés sur la moutarde brune étaient en train de butiner contre 20 % seulement sur la moutarde blanche. Les variétés Soufflet de moutarde brune, Etamine et Vitamine, et notre gamme de Mélanges Inter-Cultures Agronomiques (Mica) offrent une double opportunité. »

En 2014, une nouvelle expérimentation a été mise en place dans deux sites au niveau de fleurissement différent afin de comparer l'état de santé de deux ruchers. Les résultats ne seront connus qu'au printemps prochain.

TNC

 


Paris

Bientôt des poules dans le jardin de l'Hôtel de Ville

Paris, 26 jan 2015 (AFP) - Le jardin de l'Hôtel de Ville de Paris accueillera prochainement un poulailler et un clapier, a affirmé lundi à l'Afp l'adjointe en charge des Espaces verts Pénélope Komitès (PS).

Une demi-douzaine d'animaux devraient prendre leur quartier à partir du printemps dans le jardin de 1.600 m2, ouvert au public les week-ends et jours fériés depuis samedi. « Cela s'inscrit dans une démarche plus globale, visant à faire revenir de la nature, de la biodiversité en ville », a expliqué Mme Komitès.

Installation de ruches sur les toits, multiplication des potagers et vergers dans les écoles, création de mini-fermes pédagogiques... toutes ces mesures figurent sur la feuille de route de l'adjointe, qui veut aussi développer l'agriculture urbaine, en y dédiant de vastes surfaces. Dans le XVIIIe arrondissement, un toit de 5.000 m2 devrait ainsi accueillir prochainement une ferme urbaine. Situé en bordure des quais de Seine, le jardin était jusqu'en 2001 une dépendance des appartements privés des maires de Paris. L'une des premières décisions de l'ancien maire Bertrand Delanoë a été de transformer ces appartements en une crèche et une halte-garderie, auxquelles le jardin est rattaché.

AFP

 


Frelon asiatique Des chercheurs de Tours pourraient bientôt l'éradiquer

Tours, 4 oct 2014 (AFP) - Le frelon asiatique, une espèce invasive qui menace les ruchers européens, pourrait bientôt être éradiquée grâce aux travaux de chercheurs tourangeaux, un espoir pour les apiculteurs français qui tiendront leur 20e congrès du 10 au 12 octobre à Colmar (Haut-Rhin).

Éric Darrouzet, enseignant-chercheur à l'Institut de recherche sur la biologie de l'insecte (IRBI) de l'Université de Tours, observe grâce à une loupe binoculaire un cadavre de l'ennemi. A l'aide de micro-pinces de dissection, il extrait un parasite qu'il plonge immédiatement dans un tube rempli d'éthanol. « L'éthanol permet de conserver son ADN »,explique le chercheur. C'est en procédant de la sorte qu'il a découvert avec son équipe le Conops vesicularis, une espèce parasitoïde, sorte de petite mouche qui pond son oeuf au printemps sur des reines frelons. « L'œuf éclôt, et la larve, comme "l'Alien" du film, va se développer dans l'abdomen de son hôte, ce qui va entraîner au bout de dix ou quinze jours la mort de la reine».

Cette découverte est essentielle car si ce parasite tue la reine, la colonie entière ne lui survit pas. Les chercheurs peuvent désormais imaginer mettre au point un système de lutte biologique contre le frelon asiatique. « Il faudra des années pour démontrer que ce parasitoïde a une préférence pour le frelon asiatique et qu'il n'entraînera pas de dégâts collatéraux sur les abeilles, les bourdons et les guêpes », tempère néanmoins Éric Darrouzet qui travaille aussi sur plusieurs types de pièges. « Un des buts de notre projet est la fabrication d'un piège sélectif. Il pourrait être mis à la disposition des professionnels de l'apiculture et des amateurs pour protéger leurs ruchers », explique-t-il.

Éric Darrouzet reste discret sur les avancées de ses recherches. Avec son équipe, il travaille sur l'architecture d'un piège pour qu'il soit plus sélectif, malgré l'utilisation d'un appât non sélectif. « Un prototype est déjà à 99% sélectif. Fin 2015, nous devrions avoir un piège sélectif disponible », prédit-il. Un appât lui aussi sélectif pourrait également voir le jour. « On veut remplacer les appâts alimentaires à base de sucre et de protéines par un appât phéromonal (Ndlr : issu d'une sécrétion externe produite par un organisme) à base de molécules volatiles émises par les frelons. On teste actuellement ces molécules isolées en laboratoire. On le fera dès l'année prochaine sur le terrain. L'objectif est de labelliser et de faire breveter ces pièges. Mais il nous faudra pour ça des finances », prévient le chercheur. La vespa velutina, communément appelée frelon asiatique, est arrivée en France il y a une dizaine d'années.

Plus de 70% de la France colonisés

« Cette espèce pose de gros soucis car elle se nourrit de nombreux insectes, dont les abeilles. C'est une catastrophe pour les apiculteurs. Mais aussi pour la biodiversité, car ce prédateur généraliste chasse divers insectes. De plus, sa piqûre peut être mortelle », expose le scientifique. Selon lui, cette espèce invasive se répand de plus en plus en Europe, et même en Europe de l'Est, épargnée jusqu'ici. Plus de 70% du territoire français sont colonisés : c'est dire si les apiculteurs français seront intéressés par l'exposé que fera Éric Darrouzet à leur 20e congrès à Colmar.

Sur le seul département d'Indre-et-Loire, l'augmentation du nombre des colonies de frelons est exponentielle. L'espèce est arrivée près de Tours en 2009. Les chercheurs avaient relevé trois colonies. En 2011, il y en avait quarante et le recensement de 2013 fait état de 400 à 600 colonies. Et les surprises ne manquent pas, car le frelon asiatique construit son nid un peu partout. On peut en trouver dans des cavités souterraines, sous des toits, dans des greniers, dans des buissons à hauteur d'homme, sur des façades de maisons, ou encore dans des arbres jusqu'à plus de vingt mètres de hauteur. Éric Darrouzet possède aussi une collection exceptionnelle de nids qu'il analyse aux rayons X pour percer les secrets de leur architecture sans les détruire.

AFP

 

Charte de bonnes pratiques entre apiculteurs et producteurs de semences

 

Les professionnels de l’apiculture et les producteurs de semences oléagineuses s'engagent par une charte commune dans de bonnes pratiques en pollinisation.

 

La contribution des abeilles mellifères à la pollinisation est l'un des facteurs clés de la réussite de nombreuses productions agricoles, et particulièrement des semences oléagineuses. Alors que la survie et la santé des colonies préoccupent l'ensemble de la société civile, les professionnels de l'apiculture et des semences oléagineuses s'engagent dans une démarche de transparence et de qualité, en signant la Charte de bonnes pratiques agricoles et apicoles en pollinisation.

 

Cette charte, résultat d'un travail commun des apiculteurs, agriculteurs-multiplicateurs et semenciers, formalise leurs engagements réciproques pour une pollinisation de qualité, dans le respect des bonnes pratiques agricoles et apicoles.

 

Cette initiative Gnis, Anamso, Ufs et Itsap-Institut de l'abeille, selon le Comité apicole de FranceAgriMer, chargé par le ministère de l'Agriculture, s'inscrit pleinement dans la mise en œuvre du Plan de développement durable de l'apiculture.

 

Cette charte entre dans le cadre de l'action www.beewapi.com initiée par ces mêmes organismes.

 

TNC

 

 

 

 

 

Vu sur le web

 

Des lunettes high-tech pour compter et identifier les pucerons depuis le champ

 

Ce n'est pas de la science-fiction. Les agriculteurs pourront ainsi évaluer plus facilement le risque que font courir les insectes nuisibles à leurs cultures. Ces "Google glass", version agri, sont le fruit du travail d'ingénieurs bretons.

 

Avez-vous déjà essayé de compter des pucerons ou autres insectes dans une plantation ? Vraisemblablement pas. Un exercice qui est loin d'être facile et pourtant très utile, comme le précise Daniel Trocme, ingénieur à l'association régionale de services aux organismes d'élevage (Arsoe) de Bretagne. « Ce comptage permet d'assurer une politique de prévention pour les cultures. Quels sont les dégâts engendrés par les nuisibles, quelles zones sont touchées et comment les traiter ? » Un enjeu environnemental mais aussi économique. Démonstration.

 

« Nous avons développé un nouveau système à base de lunettes intelligentes pour aider à compter les pucerons », poursuit Daniel Trocme. Un système composé de lunettes, de type Google Glass, avec un mini-écran sur lequel peuvent s'afficher des images et des données, d'un micro qui peut convertir la parole en texte et surtout d'une connexion à Internet pour recevoir et envoyer des données en temps réel.

 

TNC

 

 

Epandages interdits en journée

 

Un « arrêt de mort » pour la féverole en France

 

Paris, 29 avr 2014 (AFP) - L'interdiction des épandages d'insecticides et d'acaricides en journée va signer « l'arrêt de mort de la culture de la féverole en France », s'inquiète mardi la Fédération des producteurs d'oléagineux et de protéagineux.

 

« La solution retenue signe quasiment l'arrêt de mort de la culture de la féverole en France du fait de l'impossibilité qu'il y a de procéder aux traitements indispensables au moment nécessaire », s'alarme dans un communiqué cette branche spécialisée de la Fnsea.

 

La féverole sert surtout à l'alimentation des animaux d'élevage en Europe. En 2013, plus de 68.000 hectares de féverole étaient cultivés en France, une production en hausse ces dernières années mais qui reste confidentielle en comparaison des surfaces de colza (1,5 million d'hectares), selon des données d'Agreste.

 

Les producteurs estiment que le « recours à des dispositifs d'ordre réglementaire pour régir de façon uniforme les relations entre apiculteurs et agriculteurs n'est pas nécessairement le plus approprié ».

 

Lundi, le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll avait annoncé que les épandages de produits phytosanitaires seront interdits d'ici trois ou quatre mois en journée pour protéger les abeilles. Car une étude de l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) a conclu que la lumière est ce qui fait sortir les abeilles des ruchers. Les épandages du matin ont donc des conséquences importantes, sachant que les pesticides sont montrés du doigt dans la surmortalité des insectes pollinisateurs.

 

AFP

 

 

 

 

Produits phytosanitaires

 

Interdiction d'épandre le jour pour protéger les abeilles

 

Les épandages de produits phytosanitaires seront bientôt totalement interdits en journée et plus aucune dérogation ne sera tolérée afin de protéger les abeilles, a annoncé lundi le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, lors d'une conférence de presse.

 

zoom

 

Un arrêté inter-ministériel d'interdiction des épandages en journée est en cours de rédaction et devrait être publié au Journal Officiel d'ici trois/quatre mois. (©TNC)

 

« Une étude qui a été rendue de l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire, ndlr) sur les épandages de produits phytosanitaires conclut de manière claire que les abeilles sont sensibles à la lumière, il va falloir qu'on modifie les pratiques d'épandage vers des épandages le soir », a expliqué le ministre lors d'un point d'étape de son plan (2013-2015) pour une apiculture durable.

 

Selon lui, l'Anses a conclu que « la luminosité est ce qui fait sortir les abeilles et tout ce qui est épandage du matin a des conséquences importantes » car il « laisse des traces de produits phytosanitaires dans l'eau, dans la rosée » qui peuvent perturber ces insectes lors des périodes de floraison de printemps et de l'été.

 

Un arrêté inter-ministériel d'interdiction des épandages en journée est en cours de rédaction et devrait être publié au Journal Officiel d'ici trois/quatre mois, estime Stéphane Le Foll. Aujourd'hui, il est déjà interdit d'épandre le matin avec tous les produits chimiques comportant la mention "Abeilles" mais de nombreux agriculteurs obtiennent des dérogations. Plus aucune dérogation ne sera admise dans le nouveau système, complète le ministère de l'Agriculture. « Il faut que chacun ait conscience qu'il faut faire des efforts » et « il s'agit d'assurer la production agricole, et en même temps d'assurer la pollinisation et la production de miel », a-t-il insisté.

 

AFP

 

 

 

 Nouvel avis de recherche pour traquer l'invasif frelon asiatique

 

Paris, 24 avr 2014 (AFP) - Arrivé fortuitement en 2004 dans le sud-ouest de la France dans des poteries venues de Chine, le frelon asiatique est aujourd'hui présent dans les deux-tiers du pays. Pour suivre au plus près l'expansion galopante de cette espèce invasive, le Muséum renouvelle son appel aux observations citoyennes.

 

Le frelon asiatique, ou Vespa velutina nigrithorax, est un grand prédateur d'abeilles domestiques, mais aussi d'autres insectes et d'araignées. Il est classé depuis 2012 comme « danger sanitaire » au titre du Code rural et « espèce exotique envahissante » au titre du Code de l'environnement français, rappelle le Muséum national d'histoire naturelle.

 

Parti de la région bordelaise et du Lot-et-Garonne il y a dix ans, le frelon asiatique progresse d'une soixantaine de kilomètres par an en France. Fin 2013, sa présence était ainsi signalée dans 62 départements de métropole. Depuis 2010, on l'a aussi observé en Espagne, au Portugal, en Belgique et en Italie.

 

Le Muséum, qui recueille depuis 2007 les observations citoyennes, a lancé jeudi un nouvel « avis de recherche » sur l'insecte redouté des apiculteurs, pour suivre au plus près son évolution. Des observations qui doivent permettre aussi d'évaluer l'« impact de sa prédation sur les abeilles » et contribuer à la mise en place des « mesures de surveillance, de prévention et de lutte » préconisées par le ministère de l'Agriculture.

 

En novembre, l'Union nationale de l'apiculture française (Unaf) avait interpellé le ministère en réclamant des mesures plus importantes contre ce tueur d'abeilles, comme autoriser de façon pérenne le dioxyde de soufre, un gaz utilisé par les apiculteurs pour détruire les nids, ou faciliter le piégeage des femelles des frelons au printemps.

 

Le frelon asiatique se distingue de son cousin européen par une taille plus petite et une couleur plus brune. Une étude parue la semaine dernière dans la revue américaine Plos One a toutefois montré que, dans le sud-est asiatique d'où il est originaire, cette espèce pouvait avoir des couleurs parfois très différentes selon les régions.

 

AFP

 

 

 

 

Les premières Igp africaines présentées au Salon à Paris

 

Un poivre fin et un miel rare de la forêt primaire cultivés au Cameroun, ainsi qu'un café de Guinée, présentés lundi au Salon de l'Agriculture, à Paris, sont les trois premiers produits d'Afrique sub-saharienne à bénéficier d'une Igp, indication géographique protégée qui devrait aider à en préserver la culture.

 

« L'Igp est censée éviter leur confiscation par des intérêts privés, ou la fraude sur des appellations usurpées dès qu'un produit devient recherché », a indiqué Didier Chabrol, qui a piloté le projet pour le Cirad, le Centre de coopération international en recherche agronomique pour le développement.

 

La culture du poivre de Penja couvre 300 hectares au Cameroun, au beau milieu de milliers d'hectares de bananeraies. Moins de 200 tonnes sont produites par an, d'un goût si spécifique qu'un grand nom des épices et de la cuisine française en a déjà réservé 50 kilos, a ajouté Didier Chabrol, qui cite un sommelier pour le décrire : « Animal au nez, végétal en bouche, d'une grande élégance. »

 

Le miel est plus particulier encore, issu du village camerounais d'Oku, au cœur d'une forêt jamais défrichée de 20.000 hectares. Les ruches y sont transportées par les 6.000 petits producteurs, une fois l'essaim installé. « En tout, on récolte 30 tonnes de ce miel très blanc, crémeux, aux arômes floraux jugés exceptionnels par les amateurs », selon Didier Chabrol. Autant dire aucune chance, ou très peu, de trouver ce produit de niche sur les étals occidentaux. « Mais au moins peut-on espérer que ses producteurs seront protégés si sa réputation croît », a insisté le chercheur.

 

Le café de Guinée

 

Le café enfin est récolté en Guinée à Ziama-Macenta, sur les pentes d'un volcan éteint à 400/500 mètres d'altitude. Quoique robusta, il est peu amer et assez corsé pour ressembler à l'arabica. Le Cirad dans cette affaire s'est associé à l'Organisation africaine de la propriété intellectuelle (Oapi) pour préparer l'attribution des Igp, en délimitant les territoires concernés (comme pour le champagne, ou les vins de Bordeaux) et en organisant les producteurs. L'Oapi regroupe 16 pays d'Afrique francophone, de l'ouest et centrale - moins le Burundi, le Rwanda et la République démocratique du Congo. Le Cirad avait déjà contribué dans le passé à la naissance d'Igp pour du café en Indonésie et au Cambodge, du café et du riz au Laos, ainsi que pour d'autres Igp en Inde et au Brésil notamment.

 

AFP